/Isuca ou l’érotisme perdu/

Aujourd’hui je vais vous présenter un manga que seuls les japonais sont capables de concevoir. « Isuca » est un manga d’Osamu Takahashi appartenant à la catégorie Ecchi (1), une catégorie de mangas érotiques qui a popularisé les petites culottes japonaises. Isuca est plus précisément un Ecchi/Seinen (2), il relate une histoire plus adulte que le ecchi/shonen (3) de Masakazu Katsura « Video Girl Ai » le plus célèbre manga Ecchi à avoir réussi à faire carrière en France. On y suivait les tribulations de Yota, un adolescent lambda qui craque son slip à cause de sa crise de puberté.

Dans Isuca c’est Shinichirou qui se dévoue pour jouer les martyres et il faut avouer qu’il souffre moins que Yota pour obtenir sa part de bisous. A l’instar de Yota, le jeune homme vit seul dans une maison désertée par ses parents partis faire de la magie en Europe. Shinichirou recherche donc un « baito », (un petit boulot) afin de payer les factures, il est aidé dans sa démarche par une de ses professeures qui le recommande auprès de Shimazu en tant qu’homme à tout faire. Shimazu est un être singulier car en plus d’être une condisciple de Shinichirou elle est l’héritière d’une illustre lignée de chasseurs de démons. Se rendant sur les lieux de son entretien d’embauche notre héros délivrera par inadvertance un Nekomata, un démon chat précédemment capturé par Shimazu.

Shinichirou va alors se retrouver embarqué dans une aventure qu’il n’a pas choisie, prêtant main forte à Shimazu afin de réparer sa faute. Il devra garder son sang-froid face à ces jeunes femmes enchaînant les poses sexy et se retrouvera au moins une fois par épisode la tête entre leurs jambes. Honnêtement on n’a pas trop envie de le plaindre et on suit avec plaisir les aventures de Shinichirou dans ce manga qui redore le blason de l’érotisme. Car l’érotisme a complètement disparu de nos vies. Pour ceux qui sont nés après les années 90 l’érotisme est une inéquation abstraite qu’ils ne cherchent même plus à résoudre. Ils s’en foutent complètement, je passe pour un vieux pervers pédophile quand j’en parle. On ne découvre plus rien, on exhibe tout et tout va plus vite, la sève n’a même pas le temps de monter au cerveau qu’il faut déjà la cracher à la gueule des filles qui imitent les actrices de films gonzo. Sur ce point, je partage entièrement le point de vue de Roy Stuart quand il dit que les films pornos actuels font de la contre publicité au sexe. Voir une fille vomir sur ma bite n’entre pas dans mon top 10 des fantasmes à réaliser.

/Erotic Art/

Comme n’importe quel enfant né en 1980 j’ai nourri mon imaginaire sensuel en regardant des films et émissions de charme. De Cocoricoco Boy aux films érotiques de M6 j’ai déjoué tous les pièges de la censure familiale afin de pouvoir me délecter de ces corps de femmes nues et élégantes. Je n’ai pas résisté longtemps à la surenchère des potes qui vantaient les mérites des films X de leur père. Les films érotiques étaient considérés comme des films pour enfants et pour être un homme il fallait avoir vu une scène hardcore où une bite en érection accomplissait son œuvre de démolition anale. J’ai voulu commencé « soft » et chez un ami j’ai vu ma première scène de fellation. J’avais 7 ans et je ne comprenais pas trop l’intérêt de mettre sa bite dans la bouche d’une femme car à 7 ans une bite sert à pisser. J’ai donc eu peur qu’il ne lui pisse dans la bouche. Mes potes hilares me demandaient si je bandais alors que je cherchais l’intérêt de ce que je voyais. Je préférais Cocoricoco Boy et mes potes me traitèrent de gamin.

Par la suite, grâce à un décodeur Canal + pirate, je me suis lancé dans la carrière de « producteur » de films de cul. Les guillemets ne sont pas superficiels, elles servent à vous faire comprendre que je n’étais pas un « producteur » comme les autres. En effet à l’époque où le surmoi familiale veillait sur notre virginité mentale nous ne pouvions pas avancer à découvert lorsque nous évoquions le film du mois ou le journal du hard avec la fameuse scène la plus hard du mois. Du coup il a fallu inventer un glossaire de noms de code et c’est un ami que je ne citerai pas qui m’a soufflé ce terme de « production » qui nous a permis de parler de films de cul sans se faire griller par notre entourage. Étant un des plus vieux, c’était bien entendu moi qui prenais le risque d’enregistrer une des rediffusions du film qui passait en semaine tard dans la nuit vers 3h du matin. J’étais le « producteur » car j’enregistrais le film. Je passe les détails sur le nombre de fois où le bruit du magnétoscope, enregistrant un film dans le silence de la nuit, m’a grillé. C’était l’époque des « Obsessions Cachées 2 », des premiers films de Julia Channel.

Ce que je retiens de cette époque c’est essentiellement l’adrénaline liée à la peur de se faire prendre. Car l’impression de passer à la vitesse supérieure en voyant en gros plan le sexe des acteurs s’est vite dissipée pour laisser la place au complexe lié à la taille de mon sexe. Le coté mécanique des scènes hardcore a fini par me blaser. Et puis voir certains acteurs mettre la tête des filles dans la cuvette des WC ne m’a pas trop excité. D’un coup, les films du dimanche soir me sont apparus comme un havre de paix, un paradis perdu au profit des poils de cul de Roberto Malone. Le plaisir est dans ce qu’on ne voit pas, c’est parce que j’en ai trop vu que je peux affirmer cela. La véritable excitation réside dans le pli de cette robe qui suggère les formes et qui fait travailler notre imagination. Car aucun film ne ressemble à une première fois.

 

(1) Ecchi : Ecchi est un mot japonais signifiant « indécent », « lubrique » ou encore plus souvent « pervers ». Au Japon, le terme est aussi utilisé avec une connotation sexuelle pouvant avoir le sens de « sexuellement inapproprié », « sexe », « érotique » ou « pornographique ». En Occident, le mot ecchi est utilisé pour définir un genre de manga et de dessins animés japonais à connotation sexuelle. (2) Seinen : Le seinen manga (le manga pour jeune homme) est un type de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adultes (15 à 30 ans) de sexe masculin. (3) Shonen : le shōnen manga (le manga pour jeune garçon, parfois écrit shounen manga en wāpuro rōmaji), est un type de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée pour les jeunes adolescents.

(1), (2), (3) : Sources Wikipediatre

 

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