Uratarou, l’immortel qui voulait mourir

Uratarou est un manga dont la publication a démarré le 28/07/2016 dans l’hebdomadaire Young Jump, hebdomadaire pour jeunes adultes édité par la Shueisha.

Cette œuvre d’Atsushi Nakayama nous raconte l’histoire de Chiyo, une princesse capricieuse et tellement chiante qu’on a envie de l’abandonner dans une forêt où les loups, les ours et les vipères se disputeront la douceur de sa chair. Une princesse rebelle qui porte l’étiquette à l’envers, fait fi de toutes les règles de bienséance au grand dam de Jii-San, le gardien de sa vertu et de son honneur. Chiyo-Sama est une princesse souriante née pendant la période la plus sombre du clan Taïra, le clan auquel elle appartient.

En effet, un conflit East Coast/West Coast entre les Minamoto de l’Est et les Taira de l’Ouest éclata au crépuscule de l’ère Genryaku en 1185.

Cette guerre entraîna la déroute monumentale du clan de l’Ouest avant que le souffle du Dieu du vent n’achève les derniers espoirs des Taïra. Pour éviter que l’honneur de son héritière ne soit souillé par l’impunité des vainqueurs, la princesse Nyouin du clan Taïra décide de la confier au dernier homme de confiance appartenant à son clan.

C’est ainsi que commence l’aventure mouvementée de Chiyo qui malgré le mal mystérieux qui la ronge reste d’un optimisme à toute épreuve. Accompagnée de Jii-San (Papy en Japonais), elle cherche un remède contre une malédiction qui la tuera lorsqu’elle aura 16 ans.

Après avoir écumé les lieux de légendes du pays, une intuition dont elle seule a le secret la pousse à se lancer à la recherche du légendaire immortel que la légende nomme Kijin Sama. Elle n’en est pas sûre à 100 % mais elle se dit que si elle parvenait à le rencontrer elle pourrait peut-être négocier une petite transfusion sanguine, histoire de tâter du système immunitaire d’immortel.

Kijin Sama, dont le véritable nom est Uratarou, est un immortel assez original car contrairement à la plupart des êtres perpétuels que vous connaissez, il est le seul qui souhaite mourir. L’éternité ne l’intéresse pas, il estime avoir fait le tour de ce que la vie pouvait lui apporter et espère, à travers la mort, découvrir autre chose. Il se retrouve donc à la croisée des chemins avec Chiyo Sama dont le souhait est l’inverse de ce qu’il désire. Parviendront-ils à apporter à l’un ce qu’il manque à l’autre ?

Uratarou est la définition d’une œuvre singulière qui tire son énergie d’un fil conducteur sous tension permanente, une œuvre à la narration atypique comme j’aime. Le cheminement traditionnel de l’histoire vole en éclat, une jeune fille porte un sweat capuche en 1185 après JC, arbore des sourcils en forme de points de suspension spirituels sur le front rappelant ceux de Mü du Bélier dans Saint Seiya mais comme personne ne le lui fait remarquer l’histoire continue sur un rythme tambour battant.

Ici le héros est une héroïne qui ne fait pas équipe avec les side kicks stéréotypés, frères (et sœurs) d’armes habituels que l’on retrouve dans un Shonen. Le scénario ressemble à une chute libre, un glissement de terrain qui permet à Chiyo de rencontrer son destin par hasard. Rien à voir avec le destin prévisible d’un héros de Shonen traditionnel. Sans vous spoiler les dessous de l’intrigue je peux vous garantir que vous apprécierez ce Seinen à la violence brutale, un Seinen un peu à part appartenant à la même famille que Sengoku Youko qui comme Uratarou ne ressemble qu’à lui-même.

Le genre d’œuvres qui servent d’exemple aux autres, qui inspirent les auteurs et leur donnent la force de sortir des sentiers battus afin de raconter une histoire avançant en dehors des clous habituels.

Car l’histoire d’Uratarou est une lame de fond qui retournera le lecteur grâce à une intrigue claire et des coups de théâtre grandioses.

Uratarou bénéficie d’un character design intéressant, le style graphique de ce manga semble rendre un hommage subliminal à Fafi, ma graffeuse préférée !

Allez à la rencontre de ce scantrad au charme singulier et priez pour qu’un jour ce manga soit édité en Français.

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