Saikin Kono Sekai wa Watashi dake no Mono ni Narimashita, le monde rien que pour soi

Qui n’a jamais rêvé un jour de se retrouver seul au monde ? En général, c’est la première chose à laquelle on pense quand on a fait une connerie et qu’on n’a pas assez de temps pour la réparer avant que les personnes concernés (ou pas, ça peut très bien être quelqu’un qui vous voit vous ramasser la gueule dans la rue, vous auriez sans doute préféré qu’il n’y ait pas de témoins à ce moment là) ne s’en aperçoivent.

Toute personne ayant, cassé le vase préféré de sa mère, trompé son conjoint dont on entend les clefs s’activer nerveusement dans la serrure alors qu’on est dans le lit conjugale avec quelqu’un qui nous pensait célibataire, éternué en salle de classe en ayant le nez débordant de slime, a eu envie de se retrouver seul au monde le temps de faire le point sur le sens de sa vie.

Se retrouver seul sur Terre, il faut avouer que ça peut s’avérer pratique, personne pour vous juger, l’éternité devant soi pour scruter l’horizon, parcourir le monde en slip. Alors même si au départ elle s’en accommode, cette apparente tranquillité finira par attiser la curiosité de notre héroïne qui cherchera à savoir où est-ce que le genre humain a bien pu passer.

Dans ce manga de Toshiki Yui, nous suivons les aventures solitaires de Miki San, une jeune nymphomane qui se réveille dans un monde déserté par l’humanité. Et vraisemblablement, les animaux et les insectes ont eux aussi suivi ce mouvement soudain vers une destination inconnue, ce qui rend le monde beaucoup plus silencieux et oppressant.

Cela ne dérange pas le moins du monde notre pimpante héroïne qui s’en accommode parfaitement en s’adonnant à un exhibitionnisme dont elle a toujours rêvé. Miki défile au pays du silence dans des tenues extrêmement légères et raffinées en regrettant tout de même l’absence des nombreux amants qu’elle avait l’habitude de fréquenter quand l’humanité était encore sur Terre. Sa première journée se passe bien  jusqu’à ce que les premières lueurs du crépuscule annonçant la nuit lui rappelle que l’obscurité est sa seule source d’angoisse. Sa phobie de l’obscurité la poussera à s’organiser afin de ne pas passer ses nuits dans le noir seule dans un monde sans électricité. Parviendra t’elle à trouver une explication à ce qu’il s’est passé sur Terre ?

Pour être franc, si je m’étais retrouvé à la place de notre charmante demoiselle, j’aurais pété un plomb pour dire les choses clairement. J’aurais eu l’impression d’être dans un cauchemar où tout le monde est parti sur Jupiter sauf moi ! Pour une raison qui restera insoluble, j’aurais été boycotté par l’humanité entière qui aura préféré me laisser seul dans un monde sans écho, une terre grise qu’un vent lancinant lacère toutes les cinq minutes, une terre exsangue de toutes ressources, sèche et délabrée.

On m’aurait laissé là au milieu des ruines de toutes les civilisations, à regarder à chaque pas derrière moi si un prédateur n’est pas à l’affût pour faire de moi le dernier homme à mourir sur Terre. J’aime les légendes mais à quoi cela sert il d’en devenir une si personne n’est là pour s’en souvenir et chanter la bravoure du héros solitaire que je fus ? Je préfère laisser Miki se débrouiller dans son histoire surréaliste mais suffisamment intrigante pour vous donner envie de la suivre jusqu’au bout.

Le fan service ne rend pas toujours service aux fans,

se rincer l’œil pour le plaisir de se le rincer ça va 5 minutes et c’est justement là que réside le problème car un plaisir qui dure 5 minutes c’est pas assez. Le vrai plaisir dure plus longtemps et il met presque autant de temps à se préparer.

Méfiez-vous des gens qui vous font à manger en 5 minutes.

L’explication relève sans doute de la fumisterie mais je l’assume frontalement, il n’y a rien de plus facile pour un manga Ecchi que de sombrer dans le Fan Service qui donne au fan ce qu’il pense vouloir voir.

Saikin Kono Sekai … offre plus que ce que l’on pense voir dans un manga érotique, certes, la plastique impeccable de Miki n’aura plus aucun secret pour vous mais si c’est la seule chose qui vous intéresse, il y a des sites spécialisés qui vont plus loin dans l’exploration de l’anatomie humaine.

La présence d’un fil conducteur (Wtf happens ?), d’une trame principal (Où sont passés les humains ?), d’une trame secondaire ( Y’a t’il d’autres survivants ?) donnent un sens à cette œuvre surréaliste, incroyablement drôle qui est plus qu’un manga pour fans de petites culottes à fraises japonaises.

À l’heure où les conséquences du réchauffement climatique sont de plus en plus palpables, à l’heure où l’humanité est peut-être sur le point de provoquer sa propre extinction l’attitude désinvolte de Miki est autant la métaphore de l’inconscience humaine que la source du génie de l’homme qui une fois seul au milieu de nulle part arrive à entrevoir l’essentiel.

Titre original : « Saikin Kono Sekai wa Watashi dake no Mono ni Narimashita »

Titre en anglais : « Recently, this world became mine only… »

Publié par le magazine Grand Jump du 19/12/2012 au 1er Février 2017

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.