Tsubaki Sama wa Sakihokore Nai, Tsubaki au bord de l’éclosion

Le manga du jour fait la part belle à l’amitié naissante entre deux jeunes femmes que certains internautes zélés, trop pressés de coller des étiquettes, interprètent comme une histoire d’amour.

L’amitié étant une forme d’amour, j’invite ces goujats, manquant d’élégance et de géométrie dans leur jugement, à retourner dans leur site porno habituel afin de s’adonner à leur branlette quotidienne. La vie privée de Tsubaki ne m’intéresse pas et si d’aventure elle préfère la fleur à la tige, chacun ses goûts, je ne la jugerai pas.

 

Carpediem 

 

Tsubaki nous plonge dans la névrose d’une jeune femme actuelle cherchant à être « parfaite ». En représentation constante dans les différents espaces sociaux qu’elle fréquente, telle une future idole J-Pop, Tsubaki ne laisse passer aucun détail, sa voix, ses intonations, ses postures, son style vestimentaire, son bento, ses sujets de conversation doivent être conformes à son leitmotiv,

« Soit pure, soit juste, soit belle »

Tsubaki se donne l’impression de ne pas devoir décevoir son public c’est à dire le monde qui l’entoure, elle pense être sincèrement le centre d’un monde focalisé autour d’elle. Toute son attitude est dictée par les diktats d’une société patriarcale qui voudrait créer des femmes dont le seul objectif dans la vie est de plaire, plaire aux hommes tout en suscitant l’admiration des femmes.

Un comportement qui laisse peu de place à la spontanéité et au charme de l’improvisation, tout est calculé et calibré afin de provoquer au sein de son public des réactions positives afin de conforter l’image qu’elle a d’elle même.

C’est donc avec un immense soulagement que l’on voit apparaître, Fujino Chizuru, une jeune femme un peu garçon manqué, aux antipodes de notre héroïne qui va peu à peu à l’aider à sortir de son cocon afin que Tsubaki puisse éclore, fleurir, et s’épanouir dans la vie plutôt que de chercher à plaire à des gens qui au fond n’en ont strictement rien à foutre de sa gueule.

 

Les roses d’aujourd’hui, les épines de demain

 

Au Japon, la fleur de cerisiers évoque le printemps de la vie que l’on vit bien avant le crépuscule de nos rêves. Sans entrer dans les fantasmes sans relief des amitiés amoureuses, j’aime beaucoup la symbolique du bourgeonnement pour illustrer la naissance des sentiments dans le cœur des jeunes adultes.

Tsubaki et Fujino ne sont plus des enfants, elles seront bientôt adultes et si la série continue on suivra sûrement leur premiers pas dans la vie active, le rapport avec la hiérarchie et qui sait ? La question de la promotion canapé (makura eigyo) avec un chef yakuza qui lui dévoilera le pot aux roses après une soirée Karaoké ? Car l’envers du décor de la vie d’idole japonaise n’est pas aussi glamour que les mises en scène sur papier glacé.

Les idoles se font abuser dans tous les sens du terme par des producteurs mafieux, les élues sont peu nombreuses, une fois les castings réussis il faut rester en haut de l’affiche alors que la durée de vie marketing des idoles est très courte.

Les idoles les plus populaires font la fortune de leur producteur alors qu’elles même ne gagnent quasiment rien de ce qu’elles rapportent. Souvent mineures, venant de la campagne et peu alertes quant aux vicissitudes que peut contenir un contrat de droit à l’image, ces jeunes femmes signent leur arrêt de mort sans le savoir en acceptant un très faible pourcentage des bénéfices engrangés.

Combien d’anciennes idoles finissent par devenir escorts ou danseuses dans des cabarets du Red Light District ?

Voilà pourquoi la rencontre entre Tsubaki et Fujino est une événement salvateur pour notre héroïne. Car plutôt que d’intégrer une industrie où toutes les fleurs ont le même parfum fade et sans surprise mieux vaut se cultiver soi même avec de vraies amies qui nous veulent du bien.

Si un jour dans le cadre professionnel vous entendez l’expression  » faire des extras « , demandez des détails, ne restez pas dans le vague où vous deviendrez folle comme l’héroïne de Perfect Blue.

 

En attendant les lendemains qui déchantent parfois, suivez sans plus attendre les aventures drôles et émouvantes de Tsubaki et Fujino dans ce manga de Genshumaro, une nouveautée manga en direct du Japon.

 

Éditeur japonais: Kadokawa

Magazine de prépublication: Comic Newtype

 

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