Egushi-kun Wa Minogasanai, le jeune homme qui n’en perd pas une miette

Aujourd’hui, je vais évoquer un sujet tabou pour lequel on convoque habituellement d’éminents spécialistes afin de ne pas tomber sous le coup de la loi.

Je ne voudrais pas que l’on me confonde avec un libertaire de gauche, anarchiste du corps humain qui s’en va ravager des enfants sous le faux prétexte de leur faire découvrir ce qu’ils ne peuvent pas encore comprendre.

La seule spécialiste que je convoquerai pour délibérer sur ce sujet sera ma sensibilité car elle a toujours été ma plus fidèle amie.

 

Il est des sujets qu’il vaut mieux éviter d’évoquer sous peine d’être considéré comme quelqu’un de trop libre ou de ne pas assez ouvert. On est trop libre lorsqu’on abuse d’un enfant, on n’est pas assez ouvert lorsque l’on se révèle incapable d’accueillir la parole d’un enfant abusé par un adulte.

Je n’aime pas les tabous utilisés comme chape de plomb au dessus de la tête des victimes et je respecte la pudeur de ceux pour lesquels l’intimité est un bien précieux.

 

L’éveil des sens

 

Le manga du jour raconte la vie d’un jeune garçon qui ne parle jamais mais qui exprime beaucoup d’émotions. J’ai eu l’impression de me revoir au même âge. Dans ce manga de NOZAWA Yukiko, on assiste de manière voyeuriste à la naissance de la sensualité dans la perception d’un petit homme, la lecture de la réalité à travers un œil avide de formes nouvelles, l’odeur de l’autre, cette épice sensorielle qui nous parle sans que l’on comprenne encore sa langue, la voix de la maîtresse qui prend une place particulière dans notre âme, à mi-chemin entre celle d’une mère qu’on aime et celle d’une femme que l’on aime  différemment.

Le jeune Egushi avance pas à pas dans ce manga de pur fan service, accompagné par sa mère et sa sœur qui, bien entendu, lui mène la vie dure car que voulez-vous qu’une mère et une sœur fassent d’autre.

À l’affût derrière ses lunettes, il glane, dans le plus grand des calmes, les instants de grâce qui s’en iront construire l’usine à fantasmes de l’homme qu’il deviendra.

 

Son silence lui ouvre les portes de la rêverie, cette sensibilité irrépressible à la beauté de l’autre, la découverte des formes féminines, ce mélange de fascination et de honte, ce trouble qui nous tombe dessus comme un bombardement silencieux, qui s’exprime par un désir muet que l’on a honte de dire.

Je parle de la sensualité à ne jamais confondre avec la sexualité. Je parle de ce qu’on touche avec les yeux et qui parfois nous effleure.

J’ai eu ma première expérience à 14 ans, c’était trop tôt pour moi, j’ai voulu suivre les injonctions des potes, cette pression sociale, ce complexe débile qui nous pousse à gâcher notre dépucelage. J’ai attendu plusieurs années avant de repartir à l’abordage du corps des femmes, ce cheminement long qui commence à l’intérieur de soi et qui finit dans le cœur de l’autre a été ponctué de réminiscences post traumatique.

Les effluves qui m’avaient indisposé lors de ma première fois sont devenus le carburant de ma deuxième première fois. Et toutes les fois qui ont suivi ont été l’occasion de découvrir de nouvelles épices.

Je souhaite une bonne première fois à Egushi-kun

Et j’espère que sa deuxième première fois sera inoubliable.

 

Magazine de prépublication : Comic Zenon

Éditeur Japonais : Tokuma Shoten

Mangaka : NOZAWA Yukiko

 

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