Chi no Wadashi, l’amour à mort

« Car L’amour est un pouvoir qui peut détruire l’autre. »

Moi-même

 

On a coutume de parler d’un amour qui construit l’autre, un amour qui vous bâtit, solidifie votre personnalité afin de vous faire atteindre cet équilibre émotionnel qui vous permet d’être réellement heureux.

On oublie souvent l’amour contrarié, l’amour amer à l’odeur de mort, un amour putride qui vous ronge de l’intérieur, amour sadique qui prend plaisir à vous voir souffrir pour que vous compreniez que la vie n’est que souffrance.

 

Lorsque la main de votre mère arrache de toutes ses forces le sourire sur votre visage, lorsque aucunes expressions de votre visage ne trouvent grâce à ses yeux, lorsque le rire est forcément une moquerie et que tous vos gestes sont soumis à la réprobation, vous mesurez la violence du paradigme névrosé d’une mère maniaco-dépressive.

 

 

Le complexe de Médée

 

Sei-chan est un fils unique que sa mère surprotège, son cousin Shigeru le taquine sans cesse à ce propos lors de leurs parties de Puyo Puyo. Ça l’agace mais il aime trop ce cousin frondeur pour lui en vouloir longtemps.

Au début d’un été, la mère de Shigeru propose à celle de Sei-chan de passer une partie des congés d’été à la montagne, en famille afin de s’oxygéner.

Le récit bascule dans l’horreur lorsque la mère de Sei-chan pousse dans le vide Shigeru sous les yeux d’un Sei-chan sans voix.

La mère du jeune garçon étant de dos, seul Shigeru a pu voir son visage avant de chuter Et au vu de sa stupeur, on a l’impression qu’à cet instant il a vu la figure du Diable en lieu et place du visage de sa tante.

 

Chi no Wadashi a l’étoffe de ces récits qui vous retournent le ventre.

Ce manga est un cauchemar dessiné à la main, un piège affectif qui se referme sur un fils dépassé par la folie de sa mère, un fils partagé entre l’envie de la protéger et le besoin de faire ce qui est nécessaire pour rester humain.

Bien qu’il essaie de ne pas basculer dans la folie, que faire quand la bienveillance d’une mère devient une arme, quand l’affection est une chaîne qui tient en laisse son fils, une chaîne de mensonges, une confidence qui impose des secrets que l’on a pas choisi et que l’on se doit de garder si on ne veut pas perdre son amour ?

Et quel voisinage, quel entourage saura déceler le mal absolu devant un comportement qui semble être l’exemple à suivre, un exemple de droiture et de dévouement pour sa famille ?

Jusqu’où ira la mère, Médée moderne au regard teinté de mélancolie passionnelle ?

Je ne peux que vous inviter à découvrir cette œuvre servie par un character design exceptionnel, un trait légèrement déstructuré, des angles de vue minutieusement choisis qui accentuent l’intensité dramatique de l’action.

L’auteur a su rendre les émotions palpables, donnant à la mère un regard qui dévore son fils, ivre d’un amour malade pondéré par un visage qui ne laisse rien paraître, elle veille sur lui chaque instant comme une lionne guettant sa proie incapable de laisser la place à une autre femme qu’elle dans sa vie.

 

 

Magazine de prépublication : Big Comic Superior

Éditeur Japonais : Shogakukan

Mangaka : OSHIMI Shuzo

 

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