Gyaru, la femme insoumise

Aujourd’hui, on vous présente deux histoires car ces deux récits racontent l’histoire de Gyals, ces jeunes filles hautes en couleurs que l’on a pu apercevoir dans Hajimete no Gal.

Et comme écrire deux articles différents traitant du même sujet nous semble aberrant autant en faire un dans lequel on étudiera le sujet en profondeur.

 

 

Notre première œuvre est un manga de TAIYOU Marii, Gal Gohan.

On y suit les péripéties de Okazaki Miku, une jeune Gyaru qui n’a pas la bosse des maths. Malgré tous les efforts du proviseur, les cours de rattrapage à répétition et quelques heures de colle par ci par là, rien n’y fait, les résultats scolaires d’Okazaki ne décollent pas. En désespoir de cause, le proviseur propose un drôle de marché à notre jeune héroïne, afin de pouvoir passer en classe supérieure, elle devra concocter de savoureux cookies qui raviront les papilles de ses professeurs ! Si les enseignants valident ses cookies, elle passera en dernière année de lycée.

L’idée semble légère, voir totalement rétrograde mais quand on y pense bien, elle n’est pas si farfelue que ça.

En effet, la cuisine est une science exacte dans laquelle le respect des proportions est primordiale pour la réussite du plat et pour se faire, l’apprenti doit faire preuve de certaines qualités : le respect des proportions d’un grammage à la lettre demande de la rigueur mathématique, pour réaliser un plat il faut comprendre le sens de la recette, avoir le sens de l’observation, l’œil et le nez pour suivre l’évolution de la cuisson, être concentré sur ce que l’on fait demande de l’attention ce qui ne sera pas une mince affaire pour la tête en l’air qu’est Okazaki.

Heureusement, elle pourra compter sur l’aide de Shinji Yabe, son professeur qu’elle surnomme affectueusement Yabecchi car il faut savoir que la Gyaru a la particularité de vous attribuer un petit nom affectueux qu’elle est la seule à vous donner. D’une manière anodine et innocente, elle vous rend unique aux yeux du monde.

On suit à travers Okazaki le processus de réhabilitation narcissique par la réalisation culinaire, faire soi-même ce qui apporte du bonheur aux gens, reprendre un chemin positif plutôt que ceux tracés par les stéréotypes habituels sur les Gyaru, à savoir, le matérialisme, l’agressivité, la susceptibilité, l’oisiveté et leur propension à arrondir leur fin de mois sur les forums de prostitution japonais que l’on nomme enjo-kosai c’est à dire relation tarifée en français.

 

Gal Clea! De Ramunemura Shuwata

Notre seconde histoire s’intéresse à la rencontre entre un lycéen rigoureux et une Gyaru qui l’est beaucoup moins. Je dis rencontre car bien que Kaji Daisuke et Iega Chiriko soit dans la même classe, ils ne se sont jamais vraiment rencontrés.

Jusque-là, elle avait une vague idée du personnage et si cela n’avait pas été à la suite de la requête de leur professeur demandant à Daisuke de porter à sa camarade le sac qu’elle avait oublié à l’infirmerie, elle n’aurait jamais connu l’orthographe exacte de son nom. Cependant, le connaître n’empêche pas nôtre distraite Gyaru d’écorcher son patronyme et comme un enfant mignon qui n’arrive pas à bien prononcer les mots, elle l’appelle Kakefu ce qui n’a absolument rien à voir avec Kaji. Une confusion à mettre sans doute sur le compte de la fièvre qui l’a empêchée de se rendre en cours ces temps-ci.

Après ce bref échange, la jeune femme s’évanouit devant notre jeune homme surpris par la suite des événements. Il décide alors de la porter jusqu’à sa chambre afin qu’elle puisse se reposer. En ouvrant la porte, il a l’impression d’entrer dans un champ de ruine, une terre ravagée par d’innombrables batailles et autres raisons de se dégourdir les jambes.

Daisuke est stupefait, il n’en croit pas ses yeux et se dit que Tchernobyl à côté ressemble à un jardin d’enfants, contactez au plus vite une compagnie d’assurance afin d’estimer l’ampleur des dégâts.

Il comprend alors pourquoi Chiriko est dans cet état, cette jeune femme ne peut que tomber malade dans un environnement aussi toxique. Il décide d’aider sa camarade à ranger sa chambre car sa santé en dépend.

Je suppose que l’action du manga saura trouver d’autres ressorts cependant j’ai réellement écrit ce que je viens d’écrire.

C’est un manga sur un jeune homme qui apprend à une jeune femme à ranger sa chambre. Vous brillerez en société lorsque vous raconterez ça.

 

La Gyaru vous donne un nom unique

 

Toutes les époques ont connu leurs blousons noirs, leurs loulous de banlieue, ces empêcheurs de tourner en rond qui font des rodéos sur le périphérique.

Imprégné par la culture populaire américaine suite à l’occupation des troupes Yankees après la seconde guerre mondiale, les rebelles de la jeunesse japonaise s’expriment à travers des motos aux moteurs musclés et forment des bandes de Yankiis et de Bosozoku Gals.

Rapidement, les filles rebelles n’ont pas trouvé logique de se soulever contre l’ordre établi et notamment le rôle passif de la femme tout en s’installant bien sagement à l’arrière des motos de leurs petits amis Yankiis. Elles ont alors décidé de créer leurs propres gangs parfois affiliés aux gangs des voyous de leur région.

Les médias ont toujours su surfer sur la vague des nouvelles modes et la presse japonaise n’a pas été la dernière à tirer profit de ce filon ciblant les adolescentes à travers le lancement du mensuel Popteen au début des années 80. D’autres déclinaisons sur le même thème suivront quelques années plus tard, à l’image de Street Jam et Happie Nuts ( ! ).

Précisons quand même que ces Magazines sont produits par d’anciens éditeurs pornos cherchant à se racheter une virginité.

L’influence que les Gyaru ont eu sur la pop culture japonaise et la force que ces jeunes femmes insoumises ont insufflé à des générations d’adolescentes se mesure à la persistance des modes qu’elles ont lancé auprès des jeunes filles qui se vérifie jusqu’à aujourd’hui.

Namie Amuro, l’idole du siècle, la muse de toute une génération s’est fait connaître en popularisant les plates-formes shoes propres aux Gyaru de Shinjuku des années 90.

Des formations un peu plus récentes continuent de puiser dans cette culture, à l’instar de AKB48 un groupe d’idoles dont les tenues de scènes reprennent tous les codes vestimentaires de la Gyaru 2.0.

Si on devait décrire le style d’une Gyaru il serait compliqué de le faire au singulier car chaque époque a connu son style de Gyaru. Au début des années 80, les jupes des uniformes scolaires étaient portées longues alors que les Gyaru du début des années 90 les ont portés très courtes, le milieu des années 90 a vu apparaitre les Ganguro ou Yamamba, des Gyaru adeptes de l’autobronzant et du maquillage neutre c’est à dire blanc. Ces dernières années, la Hime Gyaru est la dernière tendance Gyaru. D’après les spécialistes, la Hime Gyaru cultiverait un style plus angélique car elles ont la peau claire, contrairement au Yamamba à la peau foncée.

Comme je n’ai jamais vu d’anges d’assez près, je ne saurai affirmé que leur style est angélique cependant elles font pensé à Alice au Pays des Merveilles.

Le style de la Gyal est une forme de communication non verbale riche en enseignements !

Un style volontairement outrancier arboré comme une cuirasse d’hérisson dont les épines protègent la Gyal des frotteurs du métro car il faut savoir que le frottage est littéralement un sport national au Japon, l’argument du train bondé servant d’excuse à ceux qui profitent de cette situation pour s’adonner à des attouchements non consentis.

D’où l’intérêt de l’existence de ces « mauvaises filles » volontairement hyper sexy et bruyantes dans le but de déstabiliser les hommes et de marquer leur territoire afin de s’y sentir en sécurité.

Parfois les problèmes insolubles trouvent une issue insolite car la Gyaru ne se contente pas de redéfinir la sociabilité du métro japonais, en effet, non seulement la Gyal met à l’amende les pervers dans les transports mais de plus elle bouleverse le rôle traditionnel de la femme japonaise.

Dans l’imagerie locale, la Gyal est l’antithèse de la femme au foyer « modèle » qui même en étant plus diplômée que son mari se doit de mettre de côté toutes ambitions personnelles et professionnelles afin d’assurer le bonheur et la cohésion de sa maisonnée.

Et en termes de répartition des tâches, nous ne sommes pas à une incohérence près car tandis que madame tient son foyer à bout de bras monsieur le mari se retrouve plusieurs fois par semaine bourré en fin de journée avec des hôtesses de l’âge de sa fille sur ses genoux.

 

La Gyaru sait comment bouleverser cet ordre établi car elle a souvent été cette jeune femme assise sur les genoux des pères de jeunes filles ne se doutant de rien. Pour traverser l’adolescence certaines ont besoin d’une carapace un peu plus sophistiquée que celle des autres, certaines ont besoin de se cacher un temps derrière de l’hyper maquillage pour éclore plus tard.

Et vu que les grands-mères d’aujourd’hui sont les Gyaru d’hier que les parents du début du siècle dernier surnommaient daraku jogakusei, on peut non seulement ne pas s’inquiéter de leur avenir mais, en plus, avoir hâte d’y être.

Sources : Dazed et Wiki

 

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