Kemono Michi, la prison des animaux

L’arrivée des beaux jours nous propose le même spectacle chaque année, les premiers barbecues nous gratifient de leur savoureux fumet, le sourire des gens fleurissent un peu partout, on entend les premiers pronostics annonçant le prochain vainqueur de Roland Garros, la coupe du monde en Russie ne verra pas Mohammed Salah.

Les jeunes femmes à la taille de guêpes se font piquées la vedette par les femmes voluptueuses, elles butinent leur bubble tea dans les parcs et profitent du décor semi naturel pour alimenter leur contenu Instagram.

 

Le printemps aurait moins de sens sans le rire des enfants.

Des enfants heureux de découvrir le monde dans les transports en voyageant à travers les visages des gens, c’est la saison des sorties scolaires dont l’objectif pédagogique est expliqué dans le carnet de correspondances.

Certains iront au Jardin d’acclimatation, d’autres marcheront sur les pas de la noblesse au château de Versailles, les Zidanes du futur participeront au tournoi de l’école en espérant taper dans l’œil de Manchester City.

D’aucuns iront au Zoo en pensant aller à la rencontre de la nature

La première fois que j’ai visité un zoo, c’était en 1984. J’avais 4 ans et la petite souris venait de m’échanger mes dents de devant contre des carambars à la fraise. Cette visite m’a traumatisé. Un de mes souvenirs le plus glauque, paradoxalement inspirant en termes d’ambiance de polar, alors que nous nous approchions de ce qui ressemblait à la statue d’un crocodile, ce dernier a jugé opportun de claquer sa mâchoire en produisant un son dont l’écho résonne encore dans ma tête. La vitre blindée n’a rassuré personne car à 4 ans, on ne sait pas ce qu’est une vitre blindée, c’est beaucoup trop abstrait surtout quand ledit crocodile nous regarde dans les yeux.

 

L’animal en prison

 

Le manga du jour raconte l’histoire d’un zoo qui voit arriver une nouvelle employée pleine de vie et de bonne volonté.

Haruko Miyamoto, une jeune femme à la recherche de stabilité professionnelle, espère pouvoir se fixer dans ce boulot qui détonne un peu au regard de ses précédentes expériences d’office lady.

Même si elle essaie de faire montre du plus grand des sérieux, elle ne peut réfréner cet enthousiasme qui la voit s’émerveiller devant tout ce qu’elle découvre. Certains employés n’hésitent pas à lui faire comprendre que sa place est ailleurs car un zoo n’est pas un parc d’attractions. Cependant personne ne se doute que Haruko dispose d’une particularité relativement originale qui pourrait se révéler utile par la suite, en effet, notre future employée du mois possède une grande sensibilité olfactive.

Véritable fétichiste des odeurs, nôtre héroïne est capable de sentir l’humeur des êtres vivants à travers leur odeur corporelle, cette sensibilité la mènera à se soucier beaucoup plus que les autres du bien être animal et notamment de leur espace de vie.

Mais ça n’est pas cela qui va émouvoir le nouveau patron du zoo pour lequel le zoo est un business hérité de son père, un business à faire fructifier comme n’importe quelle entreprise. Arrivera-t-elle à faire entendre à ce jeune entrepreneur la voix des animaux ?

 

Le paradis des hommes est un enfer pour l’animal

 

À priori je ne suis pas un immense fan des zoos où les animaux retirés de leur environnement naturel se retrouvent dans quelques mètres carrés.

Mais vu que leur environnement naturel rétrécit à vue d’œil, le zoo sera peut-être un jour leur dernier havre de paix, ce qui constitue pour moi le comble du cynisme.

Et si on rajoute à cela le réchauffement climatique qui accélère l’extinction d’un grand nombre d’espèces chaque année, les zoos deviennent, de manière ironique et incroyablement cruelle, les seuls refuges viables pour les espèces animales en voie de disparition. Disparitions dues à l’activité humaine, c’est la main gauche qui vous empoisonne et la main droite qui tente de vous sauver, tout et son contraire, le non-sens le plus total.

C’est un peu dommage que les êtres qui ont permis à l’humanité de sortir de sa grotte se retrouvent dans des zoos, réduit à l’état d’esclaves de notre curiosité. L’Évolution de l’homme s’est faite par analogie avec la nature, c’est grâce aux animaux que l’on a su ce qui était comestible ou pas.

Les animaux ont été nos bergers, des grandes sœurs et des grands frères qui nous ont guidé à travers le monde, leur migration nous a ouvert le chemin sur de nouvelles perspectives. Il en est certains comme les chiens et les chats qui ont jugé utile de se rapprocher des hommes afin d’échapper à leurs prédateurs naturels. Cependant c’est une minorité car le seul environnement dans lequel les animaux peuvent vivre c’est le leur.

 

Je vous conseille quand même ce manga malgré mon rejet pour ce mode de vie infligé à l’animal car le dialogue que Haruko noue avec les animaux est l’illustration du lien qui nous relie tous. Car Haruko entend le chant de la vie.

 

Le lien vers la version française :  » Une Vie au Zoo « , Éditions Nobi Nobi.

 

Je dédie cet article à Pierre Bellemare car il est le héros de la grammaire française, maître du verbe haut, un érudit du langage capable de vendre un aspirateur Dyson à l’ange St Michel. Merci pour tout

 

 

Éditeur Japonais : Kodansha

Éditeur Français : Nobi Nobi

Magazine de prépublication japonais : Be Love

Mangaka : Yamaura Saku

 

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