Gokushufudou, l’ex-Yakuza devenu homme au foyer

Personne ne s’est jamais demandé pourquoi les enfants du grand banditisme héritent rarement de l’organisation criminelle familiale. 

La plupart font de grandes études, inscrits dans des pensionnats de luxe, fréquentant les enfants de la haute société avec lesquels ils tissent des liens qui seront autant de réseaux professionnels utiles dans un avenir proche. 

 

Au Japon, comme on a pu le voir dans l’article sur Ichigeki, la situation des yakuza est peu plus complexe que celle des bandits occidentaux.

En 1868, le système féodale japonais s’est écroulé, cette période est marquée par les bouleversements de la fin du Shogunat, l’ouverture du Japon aux échanges commerciaux et culturels étrangers scinde la population en deux, certains veulent que le Japon soit au même niveau que les grandes puissances occidentales afin de ne pas être dominé, d’autres souhaitent conserver une politique protectionniste afin de préserver leur patrimoine culturel de l’occidentalisation.

Cependant sous ce prétexte noble, des samouraïs qui n’ont pas su se faire embaucher par la police ou l’armée ont fait fi de la nouvelle prohibition du port du sabre retournant leur arme contre la population.

Le discours relève parfois de la magie capable de subjuguer l’homme et la femme qui avaient l’habitude de comprendre le sens des mots.

Le racket que l’on fait passer pour un impôt de guerre, la prostitution qui par le truchement de la foi devient un effort nationale apportant un soutien indispensable aux troupes du soleil précédent.

Artisans de leur propre légende, leur muscles seraient constitués d’un alliage de fibres patriotiques selon eux,  les partisans de l’ouverture au monde penchent plutôt pour de la fibre xénophobe.

 

L’amour en héritage

 

En général, lorsque les enfants des yakuza sont impliqués dans le business de l’organisation, ils s’occupent de la vitrine légale de leur clan qui blanchie l’argent toutefois il y’a de moins en moins d’enfants d’Oyabun (parrain) héritant directement de ce système.  Les enfants de parrain constituent cependant une aristocratie au sein du clan mafieux, les autres doivent passer par les égouts avant de peut-être arriver au sommet.

Quand on commence par le bas de l’échelle, il faut savoir trouver un certain équilibre sur un chemin sinueux entre l’esprit de loyauté et l’opportunisme qui permet de monter en grade. Il arrive souvent que d’anciens hommes de main devenus lieutenant montent des succursales afin d’étendre la zone d’influence de leur clan.

Pourtant, au risque de surprendre, lorsqu’on atteint un grade élevé, le plus facile est de s’y maintenir car le plus difficile n’est pas d’entrer ou d’évoluer dans la mafia, le plus dur c’est d’en sortir.

Ce manga illustre la difficulté pour les autres de vous accueillir dans le droit chemin lorsque vous vous en êtes écartés pendant quelques années.

Vos tatouages vous collent à la peau, vos faits d’armes vous suivent comme une traînée de poudre attirant l’attention de la police pour laquelle vous serez toujours un Yakuza

 

Un droit chemin semé d’embûches

 

L’œuvre d’aujourd’hui raconte l’histoire d’un ex-yakuza qui devient un homme au foyer capable de concocter des omelettes maison comme un chef aux accents de samouraïs.

Il aura toutes les peines du monde à se défaire de a réputation de fine lame de son clan qui l’a prénommé Tatsu l’immortel, une légende yakuza qui un jour s’est rendu dans les locaux d’un clan rival afin d’asseoir son autorité sur la dizaine de lieutenants de cette société criminelle qu’il a copieusement tabassé.

Tatsu est un jeune homme qui accueille les VRP peu scrupuleux de manière dissuasive pour les prochaines tentatives de vente de camelotes. Un ex lieutenant qui fait ses courses au supermarché, un homme qui a tout quitté pour l’amour d’une femme. Pourtant, où qu’il aille, son passé de yakuza le suit comme une ombre planant au dessus de chacune de ses actions.

Ce manga illustre la difficulté pour les autres de vous accueillir dans le droit chemin lorsque vous vous en êtes écartés pendant quelques années.

Vos tatouages vous collent à la peau, vos faits d’armes vous suivent comme une traînée de poudre attirant l’attention de la police pour laquelle vous serez toujours un yakuza.

 

L’avis d’Otaku

 

Dans ce manga de OONO Kousuke, j’ai aimé l’aplomb de Tatsu l’immortel. En effet, ce jeune homme ne se plaint jamais des quiproquos que son apparence lui fait vivre, au contraire, il les traite par l’absurde d’une manière qui détruit les stéréotypes.

Grâce au character design raffiné qui prend soin de donner à chaque personnage sa propre identité graphique les expressions du visage des personnages interloqués par notre ex yakuza sont du plus bel effet.

Tatsu ne joue pas la carte de la réinsertion difficile et c’est avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir qu’il goûte aux joies simples d’une vie normale.

 

 

Magazine de prépublication : Kurage Bunch

Éditeur japonais : Shinchosa

Mangaka : OONO Kousuke

 

 

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