Yurutto Hunter Wantan-chan, l’humour en héritage

En termes de mangas WTF, il n’est plus nécessaire de démontrer que le Japon n’est jamais à court d’idées folles. À chaque fois qu’on en lit un, on se dit qu’on a touché le fond et qu’on ne pourra pas en créer de plus stupides.

À chaque fois, on se trompe car il y en aura toujours un qui relèvera le défi de la bêtise impossible à assumer. Ça tombe du ciel comme un don, une pluie subtile s’en vient oindre les bienheureux qui passaient par là, baptisés par le hasard qui se reflète dans les flaques d’eau, illuminés par l’éclat d’une pièce de monnaie insérée dans une machine.

Certains diront que repousser le seuil de la bêtise n’est pas le défi le plus difficile à relever et ils se trompent comme tous ceux qui pensent que pour composer une instrumentale Hip Hop, il suffit de faire tourner un sample.

Afin de bien saisir le non-sens du manga d’aujourd’hui, je tenais à vous présenter quelques œuvres classiques du manga comique car comme tout le monde le sait c’est grâce à hier que l’on arrive à aujourd’hui.

 

sexy commando gaiden

Sexy Commando Gaiden de Usuta Kyousuke, un manga improbable qui s’intéresse à un club un petit peu spécial du lycée Wakame situé quelque part au Japon. Le  » Sexy Commando Club  » est un groupe d’interventions dont le but est de pacifier les conflits qui éclatent à l’école ou ailleurs car tout ce qu’ils voient tombe sous la juridiction de leur loi. Leur loi est la doctrine d’un art martial très en vue lors de l’ère Muromachi (1336 – 1573, Japon), un art qui consiste en la distraction de son adversaire en désamorçant la tension, l’usage des poings et des pieds est prohibé, toute idée non violente qui vous passe par la tête est la bienvenue.

Les membres de ce commando ne manquent pas d’imagination lorsqu’il faut concevoir de nouvelles techniques non létales, notamment le « dézippage » intempestif de la braguette de leur adversaire.

 

makuhari2

Makuhari de Kita Yasuaki, un manga random dessiné avec les doigts de pieds dont chaque page arrivait à me faire pleurer de rire bien que je ne comprenne pas le japonais. Une étrange mise en abîme de personnages lisant avec assiduité les autres publications du Shonen Jump Comic où leurs aventures délirantes ont été publiées de 1996 à 1997.

Six ans avant Gintama, des personnages de manga éprouvaient déjà de la sollicitude pour leurs collègues, Shioda refusant l’invitation de son acolyte à s’inscrire dans le club de Basket-ball afin de ne pas faire d’ombre à Slam Dunk, un classique du manga sportif consacré au Basket-ball, publié lui aussi dans le Shonen Jump Comic à la même époque.

 

 

Honto ni Atta! Reibai-Sensei

Honto ni Atta, Reibai Sensei de Matsumoto Hidekishi, nous raconte l’histoire d’une professeur qui connaît mieux l’outremonde que le monde des humains. En prise directe avec l’au-delà, Kibayashi sensei parle avec les morts et exorcise les vivants. L’atmosphère mystique qui émane d’elle suscite la crainte de ses élèves qui ont peur de mourir à chaque fois qu’ils croisent son regard.

Ce manga a eu droit à une adaptation anime, un anime qui dans sa réalisation à base de vignettes animées m’a rappelé les affres du lycée Cromartie.

Wangtangchang, la chasseuse de peluches

Après avoir perdu les derniers neurones valides qu’ils vous restaient, vous voilà fin prêts pour découvrir le manga du jour, Wangtangchang the Yurutto Hunter, sorti tout droit du cerveau de l’auteur de Uratarou, Nakayama Atsushi.

Dans l’univers de ce manga, les Crane Game, machines attrape-peluche que l’on trouve dans toutes les fêtes foraines, vous permettent d’attraper des lots dont vous n’avez pas idée. En effet, en plus des traditionnelles peluches, dans Yurutto Hunter vous pouvez remporter une maison, une voiture voir une nouvelle petite amie ! Certains Crane Games vous propose même un lot improbable comme devenir propriétaire d’un pays. La participation est ouverte à tous, n’importe qui peut gagner, tout dépend de votre dextérité lorsque vous manipulez le bras armé de la machine.

J’ai dit « bras armé » car j’en avais envie, j’aurais sans doute dû écrire « bras articulé » mais cela aurait rendu l’explication moins spectaculaire.

Wangtangchang, l’héroïne de ce manga Dispose d’une faculté lui permettant d’être hyper concentrée sur sa cible afin d’effectuer la manœuvre qu’il faut pour l’atteindre. Après avoir remporté une vieille peluche pour laquelle le manager de la salle de jeux éprouvait tout le mépris du monde, elle découvre qu’en fusionnant avec elle, le pouvoir que lui donnent ses facultés naturelles sont décuplées.

Quand on sait que certains mangaka sont parfois obligés d’interrompre leur travail sur une œuvre pour des problèmes de santé, on se demande comment un scénario pareil a pu emballer la Kodansha. Ils ont peut-être signé sans s’en rendre compte un soir après avoir bu de l’absinthe dans un bar de Shinjuku, menacés de mort par des Gyaru aux oreilles d’elfes.

Cela pourrait surprendre au niveau culturel mais au Japon, les mascottes sont une institution au point que chaque année leur est consacrée un concours national où l’on élit la plus kawai d’entre toutes. Chaque région est représentée par une mascotte qui aura été au préalable élue au niveau local

Les retombées commerciales d’un tel événement ne sont pas négligeables car une victoire garantit à la région distinguée le succès de sa saison touristique. Au pays du goodies, la mascotte dicte sa loi au marché local où les boutiques de souvenirs seront ravies d’accueillir une PLV (Publicité sur Lieu de Vente) au couleur de la mascotte.

L’avis au taquet

 

Je ne chercherais pas à justifier ici le bien-fondé de ce manga de Nakayama Atsushi. D’autant que ce mangaka aux idées exubérantes a montré par le passé une propension à perdre son fil conducteur en cours de récit.

Il faut lire Uratarou pour voir une œuvre dérailler sous vos yeux, « L’immortel qui veut mourir » est l’exemple type du manga original qui sort des sentiers battus pour finir par se perdre en chemin pour se faire mordre par un serpent.C’est un peu comme si le mangaka avait été vaincu par sa propre histoire, détruit par son obstination qui l’a empêché d’écouter deux, trois conseils.

Cependant si on considère le traitement par l’absurde comme une médecine fiable on peut espérer qu’après avoir gâché une œuvre formidable, il puisse sublimer l’intérêt du manga le plus perché que vous aurez l’occasion de lire.

 

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