Mozuya-san Gyakujousuru, une Tsundere vraiment bipolaire

Souvent, quand on lit certains mangas, on est amené à s’interroger sur l’état mental du mangaka. Comme vous avez pu le constater dans mon dossier sur les mangas comiques, les auteurs ne manquent pas d’inspiration lorsqu’il s’agit de créer des scénario complètement fou. À croire que l’imagination est un champ fertile cultivé dans l’arrière cour d’un asile psychiatrique.

 

Cependant que l’on ne se méprenne pas, l’objectif de cet article n’est pas de se moquer de ceux qui n’ont parfois pas conscience de leur maladie. Si on se casse un bras, la douleur physique est si intense que les soins ne pourront pas attendre le lendemain. Alors que quand bien même la souffrance psychique nous ronge, on peut mettre des années avant de se rendre compte que l’on souffre d’une dépression.

La santé mentale de Yoshihiro Togashi ne sera jamais un sujet de plaisanterie. Il suffit de lire l’arc qui met en avant Kurapika pour rentrer dans la tête d’un mangaka maniaco dépressif, ce besoin maladif de penser à toutes les possibilités de l’arbre de probabilité découlant d’une situation illustre de manière limpide la souffrance d’un maniaco dépressif. L’illusion de contrôler la réalité si aucune probabilité ne nous échappe puis ressentir une angoisse de mort lorsque l’imprévu survient.

La maladie mentale est l’attribut du vilain ou de certains anti héros, elle apporte une dose de romantisme qui trouble la personnalité, elle dévoile des failles qui rendent le personnage imprévisible

La folie apporte du piment à un manga Shonen laissant présager des scènes de combat épiques pour le fan d’affrontements extrêmement bien chorégraphiés que je suis cependant j’aime lorsque l’on retire à la maladie mentale les fantasmes et stéréotypes qui l’accompagnent habituellement pour la traiter d’une manière un peu plus proche du réel.

Le manga que l’on vous invite à découvrir aujourd’hui s’intéresse à une Tsundere bipolaire qui ne supporte pas les marques d’affection. Dire d’une Tsundere qu’elle est bipolaire est une lapalissade lorsqu’on emploie le mot bipolaire à la place de lunatique. Avoir une humeur changeante ne fait pas de nous des bipolaire, la culture populaire a tôt fait de galvauder l’usage d’un terme clinique pour que le grand public l’emploie à tort et à travers.

Mozuya Koto est une jeune Tsundere réellement bipolaire qui se présente à ses nouveaux camarades de classe. Tous autant qu’ils sont subjugués par sa froideur lorsqu’elle leur révèle son affliction mentale ne la prennent pas au sérieux lorsqu’elle leur demande de ne pas chercher à sympathiser avec elle. « Moe » du verbe Moeru ( fondre pour quelqu’un ou quelque chose) est le mot qu’ils emploient pour définir leur ressenti quant au caractère de leur nouvelle camarade, Moe traduit l’attendrissement qu’ils ressentent pour celle qui se bat contre ses sentiments. À leurs yeux cette attitude hautaine fait d’elle une véritable Tsundere comme ils ont l’habitude d’en voir dans les mangas et ils apprendront à leur dépend qu’ils auraient mieux fait de suivre son conseil.

 

Définition d’une Tsundere

 

On ne saurait évoquer la Tsundere sans présenter l’ensemble de la famille Dere c’est à dire les différents types de Dere qui sévissent dans l’univers du manga. Le mot Dere (!) est issu du verbe Dereteru qui signifie avoir le béguin pour quelqu’un ou quelque chose. Par la suite, dans le glossaire des fans hardcore Le Pokemon Dereteru a évolué dans sa forme Deredere qui est un nom décrivant l’attitude d’une personne qui a le béguin pour quelqu’un ou quelque chose.

Le préfixe Tsun vient du mot Tsun Tsun qui définit une attitude froide, snob et méprisante. La représentante européenne de la Tsundere est Victoria Beckham, Posh Girl et tous ceux qui ont été émus par les souffrances de princesse Sarah savent que Lavinia est la grand mère de toutes les Tsundere. Une Tsundere est une Tsun Tsun qui est tombée amoureuse, le sentiment amoureux met à mal sa fierté ce qui lui fait adopter un comportement contradictoire où parfois elle donne l’impression de détester celui qu’elle aime.

La Tsundere n’assume pas l’amour qu’elle éprouve ce qui la rend agressive pour que les gens pensent qu’elle éprouve le contraire de ce qu’elle éprouve.

 

Avis du Taquin

 

Dire que j’aime un manga sur la souffrance d’une jeune bipolaire serait faire preuve d’un sadisme qui m’est étranger. J’aime la manière dont l’auteur traite son sujet en évitant certains clichés et stéréotypes sur les bipolaires. Graphiquement, j’ai parfois eu l’impression de lire un extrait de bd publié dans Fluide Glacial ce qui en soit est une qualité remarquable. Mozuya-san Gyakujousuru n’est pas le journal de votre santé mentale mais s’il peut mettre du plomb dans la tête de ceux qui considèrent les maladies mentales comme de la comédie, ce serait une grande victoire.

 

 

Mangaka : SHINOFUSA Rokuro

Magazine de prépublication : Afternoon

Editeur Japonais : Kodansha

 

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