Yoru ni Naru to Boku wa, quand la nuit tombe de son lit

Quand la nuit tombe l’assassin n’est plus à l’abri. Avant, la nuit était son moment privilégié pour perpétrer des crimes que le cynisme de la société civile a l’habitude de banaliser, qu’est-ce que la victime faisait dehors à cette heure ci, pourquoi a t’elle parler à des inconnus…

 

Si ça avait été toi, ta vieille gueule serait toujours en vie car l’assassin ne s’y serait pas intéressé. Il aurait continué son chemin sans t’adresser un regard. Et au fond, tu le sais, c’est pour cela que tu en veux à la victime. L’assassin aime souiller l’innocence qui se rapproche de la perfection, il aime détruire les bases d’une famille soudée sachant repérer la clef de voûte qui soulage une mère, la fille qui fait la fierté d’un père. L’assassin ne te verra jamais car il ne croque pas les pommes pourries qui maquillent leur putréfaction, il n’aime que les fruits frais de premier choix, des corps gorgés de vie qui se videront de leur sang.

L’ombre de l’assassin s’étend après chaque crime, cette ombre s’agrandit comme un territoire, une terre sur laquelle nait de nouveaux meurtriers, fruits de la haine qu’ils nourrissent pour celui qui leur a soustrait un être cher.

Quand la nuit tombe l’assassin n’est plus le maître de la nuit. L’obscurité n’est plus de son côté, la lune le regarde droit dans les yeux, l’enfer ne compte plus sur lui car le diable a un nouveau visage et un nuage flotte au dessus de son lit. La nuit rêve un nouveau cauchemar, la peur a changé de camp car la peur aime s’amouracher de celui qui va mourir.

 

Quand la nuit tombe

 

Le manga du jour est sombre comme quelqu’un qui se fait justice lui-même. Wakuru Mochizuki est un jeune homme qui va prochainement intégrer une bonne université censée lui assurer un avenir radieux. Cependant, il y a 8 ans, un événement dramatique va le condamner à la douleur à perpétuité. En effet, sa grande sœur Saya a été victime d’un viol en réunion suivi d’un meurtre. Les auteurs étaient mineurs à l’époque, leur peine se termine cette année, ils ressortent libres et auront l’occasion de se construire un avenir.

Wakuru ne leur a jamais pardonné leur crime cependant il reconnaît lui-même qu’ils étaient mineurs au moment des faits et de ce fait, le jeune homme est prêt à leur pardonner à condition qu’ils lui démontre qu’ils ont pris conscience de ce qu’ils ont fait.

Malheureusement son optimisme l’a mené tout droit sur un lit d’hôpital, inconscient après avoir été renversé volontairement par l’un des trois meurtriers, il se réveille au dessus de son corps inerte comme un fantôme qui se demande ce qui lui arrive. Il décide alors de faire un tour dans l’hôpital pour s’assurer qu’il n’est pas en train de rêver.

Après avoir surpris la conversation entre les deux infirmières qui s’occupent de lui évoquant une situation  d’harcèlement sexuel que l’une d’elle subit, il se retrouve dans la chambre de son jeune voisin de quartier, Kenta, hospitalisé lui aussi. Le jeune garçon a l’esprit qui flotte au dessus de son corps exactement comme Wakuru, il se tient la joue comme s’il avait mal aux dents.

En cherchant à l’atteindre, Wakuru entre par inadvertance dans son esprit où il lui arrache sans effort la dent qui le faisait souffrir.

À son réveil, Wakuru pense avoir rêver mais dans le doute, il dit à l’infirmière qui parlait de son harcèlement qu’il n’est pas le seul à vivre un moment difficile car subir des attouchements n’est pas une situation simple. L’infirmière ouvre de grand yeux puis lui dit qu’elle espère qu’il ne deviendra pas un porc comme ce pervers de médecin.

Wakuru a eu sa confirmation, il va pouvoir s’occuper des bourreaux de sa sœur en réalisant le crime parfait car comment soupçonner matériellement un individu cloué sur son lit d’hôpital ?

 

L’avis au taquet

 

Pour ma part, en toute franchise, j’avoue sans peine que si un jour je me retrouve avec la même faculté que Wakuru, je ne tuerai personne. Vous me répondrez à juste titre que c’est effrontément plus facile à dire lorsqu’on n’a pas vécu la situation de notre jeune héros cependant j’ai plus été touché par le Wakaru qui retire en douceur la dent du petit Kenta que par l’onirique tueur en lui. L’objet du manga est lumineux mais l’auteur a touché la grâce lorsque l’ange en Wakuru a soulager l’enfant de sa douleur, d’un geste sans effort, sa main légère est descendu du ciel pour chasser la souffrance de la joue du petit bonhomme.

Ce manga s’inscrit dans le genre créé par Death Notes, un monde normal et réaliste dans lequel le personnage principal dispose d’un pouvoir surnaturel qui lui permet d’entrer dans le costume de l’ange de la mort. Il est un peu tôt pour tirer des conclusions sur une œuvre qui vient de débuter mais je peux déjà affirmer la poésie de ce manga trouvera un écho favorable dans votre âme.

 

 

Mangaka : NINOMAE Kakeru

Scénariste : MASOKU Yuu

Magazine de prépublication : Shuukan Shounen Magazine

Éditeur Japonais : Kodansha

 

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