Jiraishin, la mort au sang froid

Avant de lire ce manga, je ne savais pas qu’un regard pouvait creuser une tombe. Il suffit de le croiser pour sentir le poids des années s’échapper puis se réveiller coincé entre quatre murs capitonnés qui feront office de dernière demeure.

Fusillé du regard sur le peloton d’exécution des rêveurs, j’ai été pris au dépourvu par ce manga qui se lit comme un roman policier, un roman noir où l’auréole des anges ne flotte au dessus de la tête de personne.

À la base, je n’avais pas prévu de lire Jiraishin, en effet, alors que je cuisais à feu vif sous le soleil de la canicule, un manga figurant sur ma liste de mangas à présenter m’est apparu comme le mirage de Bulbizard dans Pokemon Go. Aucune cohérence dans cette apparition, quel est le rapport entre le cagnard et Jiraishin Diablo ? Sans doute la moiteur d’un mois d’août irrespirable qui me donnait l’impression que je pourrais mourir à tout instant. Or qui dit mort dit police, qui dit police, dit roman policier, sans chercher à justifier cette association d’idées improbable, je décide de me plonger dans la froideur de Jiraishin Diablo pour essayer de me rafraîchir. Malheureusement, je m’aperçois que je ne comprends rien à l’histoire, j’ai l’impression de prendre le train en marche et de rater la marche du train.

J’éprouve la même sensation que lorsque je lis le Kimetsu No Yaiba de la semaine en m’apercevant que j’ai sauté le chapitre de la semaine d’avant car j’ai raté sa parution.

Mon intuition ne me trompe jamais, après une enquête de routine sur Google, j’apprends que Jiraishin Diablo est la suite de Jiraishin, un manga dont la publication a commencé en 1992.

Impossible de présenter Jiraishin Diablo sans passer par la case départ à moins de commencer un livre par la fin afin de détruire le suspense dès le début.

 

Police de Shinjuku

 

Jiraishin nous raconte l’histoire d’un inspecteur aux méthodes décriées par une morale qui fait la fine bouche lorsque l’affaire est résolue.

Kyoya Ida est un inspecteur aux méthodes troubles qui font débat au sein de la police du quartier de Shinjuku. Certains l’admirent, d’autres rêvent de le coincer car ne supportant pas que son haut taux de résolution d’affaires soit dû à ces méthodes qui ne sont pas illégales pour rien. Comment faire respecter la loi si les policiers ne la respectent pas eux mêmes pour résoudre une affaire ? Cela peut s’entendre mais d’un autre côté pourquoi reprocher à un policier d’enfreindre la loi pour neutraliser un criminel ? Le criminel lui-même étant en dehors des clous, il faut bien que le policier aille sur son terrain s’il espère pouvoir l’appréhender.

En effet, parfois il faut ressembler à la bête pour pouvoir la comprendre, il faut marcher sur ses pas pour voir au fond des yeux d’un être humain corrompu, la cupidité jouir dans le plus simple appareil. N’hésitez pas à rétribuer des informateurs sans scrupules qui frayent autant avec le milieu qu’avec le policier ripoux. Il faut sentir l’odeur de la bête en l’homme, suivre le souffle de sa  gorge sèche, cette soif de sang aussi brutale que l’appétit d’un goinfre qui s’exprime par une sauvagerie clinique. Il faut penser comme la bête pour comprendre la scène de crime, remonter à l’envers le déroulement de l’action, trouver le fil conducteur qui conduira l’inspecteur au coupable.

Jiraishin c’est le glossaire du Black Book Club de Yu Yu Hakusho où chaque aspect de ce club sinistre est illustré par un chapitre de cette œuvre violente mais nécessaire.

Je vous invite à découvrir ce manga à l’aspect graphique vintage car sinon vous ne pourrez pas apprécié Jiraishin Diablo dans sa profondeur.

 

Je dédie cet article au commissaire Neyret ainsi qu’à tous ces policiers qui à force de flirter avec le milieu ont fini par tomber amoureux de lui

 

Mangaka : TAKAHASHI Tsutomu

Magazine de prépublication : Afternoon

Éditeur japonais : Kodansha

Éditeur Anglais : TokyoPop

 

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