Mutou Black, le Shonen au grand coeur

Vous savez aussi bien que moi que le Shonen Nekketsu est l’allégorie de la quête de pouvoir.
Le héros progresse après chaque combat, il devient de plus en plus fort, son pouvoir de plus en plus destructeur au point d’atteindre le stade ultime du grotesque et surréaliste de One Punch Man.

 

Le pur Nekketsu est le summum de la surenchère physique, de l’énergie spirituelle mise au service de la guerre, des années d’entraînement, de la sueur et du sang pour tuer quelqu’un qui est un autre soi même.

Il n’y a rien de mieux qu’un Shonen pour apprendre à justifier la mort d’un adversaire. Déjà, c’est un adversaire donc il n’est pas du bon côté de la barrière, il n’a pas fait les bons choix sinon il serait de mon côté. Là il fait le malin avec un fléau à la main, se baladant à cheval sur le champ de bataille à éclater des crânes comme dans un sombre épisode de Berserk. Y’a des pères de famille là dedans mais non, on s’en fout, c’est la guerre, la virilité doit s’exprimer, une liberté d’expression jusqu’au bout du slip du vainqueur car tant qu’il n’a pas encore attrapé la veuve du vaincu, vous n’avez encore rien vu.
En cela, le sport est le plus beau des combats car le sport est un affrontement noble où l’adversaire reste en vie même si parfois il repart avec une jambe derrière l’oreille.

 

Vaincre sans tuer

 

Le manga du jour est le sabre à lame inversée des Shonen actuel, en effet, on sent chez ce maître d’un art martial étonnant l’influence philosophique de Kenshin Ruronin et de sa volonté de neutraliser son adversaire sans le tuer. Ça change des décapiteurs professionnels et autres saigneurs avisés qui visent la carotide des gens qui reprennent leur souffle.
Dans un Japon médiéval où le tranchant d’une lame bien aiguisée peut vous couper en deux, Kurotsuki Yukiji fait figure d’ovni. En effet, ce voyageur errant à la chevelure arts déco voyage léger, il ne transporte aucun sabre, aucun katana, pas même un shuriken caché sous une aisselle. Sa seule arme est dans son slip et il s’en sert de manière ludique avec les femmes qui apportent du bonheur aux hommes. En dehors de cela, Kurotsuki poursuit son bonhomme de chemin et lorsqu’un endroit lui plaît, il y monte un donjon afin de pouvoir transmettre la sagesse de son style de combat à de jeunes gens vigoureux. Son style de combat détonne par rapport à celui que l’on pratiquait à l’époque de Shigurui car Kurotsuki sensei suit un chemin différent de ses contemporains, au lieu d’emprunter la route du sang et de la mort, il a préféré prendre la voie de l’Aiki où il fait corps avec l’énergie de l’autre. Il utilise l’énergie cinétique du corps en mouvement de l’adversaire pour l’envoyer rouler comme un enfant qui tombe par terre. C’est un peu humiliant surtout quand on est sûr de son sabre et que l’on se rend compte que nous et nôtre botte secrète sommes en train de nous faire jeter en l’air par un maître désarmé. Le summum de la classe et de la sobriété qui éteint le feu au lieu de surenchérir, la manœuvre d’un poignée souple semblant agir sans effort. Ce style de combat chaloupée a tapé dans l’œil de Tsugu, un jeune garçon en quête d’un maître qui saura donner un sens à sa fougue de padawan.

 

L’avis au taquet

 

Vous me direz que mon Black Clover bashing tourne à l’obsession mais j’aurais toujours du mal à comprendre comment une série qui semble être créé par une intelligence artificielle, tant elle pompe tout de Fairy Tale qui elle même reprenait tout de MÄR et de Naruto, arrive à s’attirer les suffrages d’un public au goût parfois un peu douteux.
J’en veux aux gens ouvertement, je ne m’en cache pas, ce suffrage universel permanent, cette dictature de la côte de popularité empêche un grand nombre de séries originales et innovantes de perdurer dans le Shonen Jump.

J’aime les séries qui ouvrent l’esprit des jeunes gens sur de nouvelles perspectives, j’aime la vulgarisation de la science de Dr Stone, j’aime l’intelligence tactique d’Osamu Mikumo dans World Trigger, j’aime la manière dont les auteurs de Noragami questionne notre rapport au sacré. Je n’aime pas les séries qui ne sont que les pots pourris de tout ce qui a déjà marché. Je n’aime pas la banalisation de la guerre et le systématisme de la logique d’affrontements. Car aussi con que cela puisse paraître sur le champ de bataille, cet adversaire a une mère, un père, des soeurs, des frères, une femme, deux maîtresses, des enfants qui rêvent de voir revenir sa tête de bâtard saine et à peu près sauve.

Je n’ai rien contre le combat lorsque la morale le justifie, je n’ai rien contre ces héros qui poursuivent leurs rêves d’enfants durant leur quête mais parfois j’ai l’impression que Dragon Ball Z a uberisé le Shonen avec cette surenchère constante que l’idée de One Punch Man ridiculise. Dans le monde du football, les journalistes ont tué tous les joueurs en lesquels ils ont crû voir les qualités de Zidane. Dans le monde du manga, des responsables éditoriaux ont failli tuer Togashi en voulant en faire le nouveau Toriyama.

 

 

Mangaka : NONOUE Daijirou

Magazine de prépublication : Shuukan Shounen Jump

Éditeur japonais : Shueisha

 

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