Asobi Asobase, quand l’école devient une base de loisirs

La Terre a fait preuve de beaucoup de souplesse vis à vis de l’espèce humaine, elle s’est plié à tous ses caprices allant jusqu’à épouser les formes de la bêtise de l’homme qui prétend qu’elle serait plate.

En attendant, construire des barrages qui vident les nappes phréatiques enfonce les villes dans le sol. Un jour, vous vous réveillerez près du centre de la terre à deux doigts de devenir un diamant brut. Pourtant, Alors que l’humanité est en train de couler, le manga du jour n’en a pas grand chose à faire
En même temps si 80 % des espèces d’insectes ont disparu et que le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt dans l’année, il n’est pas nécessaire de faire semblant de vouloir résoudre un problème créé par le mode de vie des hommes. Autant mourir gaiement et de la manière la plus surréaliste qui soit, si possible. Autant mourir en chahutant.

 

L’art du chahut, science inexacte

 

Il ne faut pas confondre harcèlement scolaire et chahut. Le harcèlement moral c’est la destruction de l’autre à travers des humiliations constantes, des brimades physiques et morales qui visent à ostraciser ceux qui ne sortent pas du même moule que la majorité du groupe. Alors que le chahut, c’est autre chose, le chahut est sans doute la première des sciences humaines c’est le meilleur moyen de faire connaissance avec quelqu’un, de savoir où se situent les limites de l’acceptable pour lui, c’est le chahut qui permet d’atteindre le seuil de tolérance de chacun. Si l’on devait définitivement tracer la frontière entre le harcèlement et le chahut, il suffirait de mettre un coup de stabylo sur le seuil de tolérance des gens lorsqu’il est atteint, le harceleur cherche le seuil de tolérance pour le franchir allègrement, le foulant du pied comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le chahuteur taquine mais s’arrête au seuil comme dans un pogo où l’un des participants se retrouve au sol et que tout le monde s’arrête pour le relever.
Le chahut est le ciment de la vie sociale à l’école, je serai même tenté de dire qu’il est le ciment de la vie sur Terre car on chahute dans tous les milieux, à tous les niveaux hiérarchiques, partout où il est possible de chahuter, l’homme chahute pour que l’espace soit occupé par la bonne humeur afin d’exorciser les fantômes de la guerre car
le chahut est la célébration des temps de paix.

Une paix à géométrie variable comme celle d’une salle de cours où elle n’est qu’une notion relative qui dépend du bon vouloir de quelques énergumènes semant la terreur et la désolation parmi leurs camarades. Le genre de dinguerie qu’on ne souhaite à personne, arriver en cours, tranquille, voir trois folles sens dessus dessous au milieu de la salle de classe, les tables en vrac, le prof déboussolé qui pense être à Beaubourg lors d’une performance que l’assemblée fait semblant de comprendre, un ange passe et se demande s’il est l’heure de sonner le glas puis se ravise en voyant le visage d’une jeune fille qui ne mérite pas ça. Bienvenue dans l’univers fou d’Asobi Asobase où trois jeunes filles forment le triumvirat le plus surréaliste que vous ayez eu l’occasion de connaître jusqu’à aujourd’hui.

Sobi Sobase

 

Le noyau dur de ce groupe de folles est un duo d’amies qui passent son temps à meubler les intercours en jouant à des jeux connus de tous. Cependant leur manière d’y jouer et l’implication qu’elles mettent dans un simple Pierre Feuille Papier Ciseaux finit par intriguer Kasumi Nomura, l’élève sérieuse qui fait semblant de lire des livres dans la salle de classe pour pouvoir suivre leurs parties endiablées. Son attention est principalement attirée par Olivia, une américaine née au Japon à laquelle elle demande des cours de soutien en Anglais. Olivia se gardera bien de lui révéler qu’elle n’est peut-être pas meilleure qu’elle en Anglais car Nomura lui a proposé un marché qui l’intéresse, Nomura lui apprendra les règles des jeux japonais en échange de cours d’anglais.
Un marché conclu sous les yeux d’Hanako Honda, l’idiote utile qui sait toujours comment pimenter une situation.

L’avis d’Otaku

 

Quand je lis Asobi Asobase, je me souviens à quel point mes copines de classe pouvaient être folles en cours.
Même les plus sérieuses, celles qui profitent allègrement de leur image de jeunes filles studieuses pour faire croire au prof qu’elles sont incapables de faire les conneries qu’elles font. Souvent les garçons se sont fait punir à leur place mais à l’époque de Metoo l’on se garde bien de le dire.
Le style graphique de Suzukawa Rin est intéressant, son trait alterne le sublime et la caricature d’une case à une autre à la manière de Sexy Commando Gaiden auquel elle emprunte cet humour surréaliste à mourir de rire.

Je recommande ce manga à celles et ceux qui ne veulent pas croire en la vérité même après avoir découvert le pot aux roses.

 

N’hésitez pas à partager le meilleur de l’actualité manga avec vos amies.

 

Éditeur Japonais : Hakusensha

Mangaka : Suzukawa Rin

Magazine de prépublication : Young Animal Densi

 

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