Houkago no Goumon Shoujo, le manga qui torture l’homme

Ce qui m’amuse lorsque je lis un manga Ecchi, à fond dans le fan service totalement assumé, c’est la formule mathématique de l’œuvre. En effet tout œuvre pourrait être traduite en une équation combinant différents facteurs lui garantissant le succès dans sa mission paradoxale, respecter les codes du genre tout en leur apportant des notes nouvelles, des associations d’idées audacieuses qui lui donnera une saveur unique.

Dans le cas du genre Ecchi, l’équation semble simple pour ceux et celles qui aiment la caricature, [jeunes femmes sexy + dessous sexy) x jeune homme lambda = histoire improbable
Il est vrai qu’une bonne partie de la production Ecchi se satisfait de la fumisterie artistique qui veut nous faire croire qu’il suffit de mettre de la nudité pour apporter de la fraîcheur à leur salade. Non, même nue, un corps doit être habité par l’élégance du scénario, façonné par la sensibilité de l’auteur qui le sublime en rendant des situations improbables tout à fait plausibles. L’impensable qui devient possible est le principe actif de notre fabrique à fantasmes, atelier où notre imaginaire nous concocte toutes sortes de saloperie et autres « prends moi comme une chienne » que la morale vous empêche de révéler à votre entourage.
Pour dire les choses clairement, ça n’est pas parce qu’on lit un manga érotique que l’on veut bander bêtement. Je ne veux pas avoir d’érections gratuites, il m’est inconcevable d’avoir la gaule sans savoir pourquoi, je veux découvrir ce qui m’émeut dans ce manga et le meilleur moyen pour cela est de poser l’équation de l’œuvre sur une feuille volante. Cette équation est plus complexe que celles de ceux qui pensent tout savoir.

Dans le genre Ecchi, j’ai constaté que les bons mangas combinaient avec astuce différents types de fétichismes sexuel afin de rassembler autour de l’œuvre les adeptes de ces perversités. En effet, si vous aimez les formes pulpeuses, les femmes de grandes tailles et la mayonnaise, vous êtes grillés comme l’auteur des articles sur World End Harem et Do you like big Girls. Pas la peine de mentir ou de bégayer vainement, plus vous vous débattrez plus vous vous enfoncerez dans la gêne à laquelle vous souhaitez échapper.

 

Kinky Manga

 

L’équation du manga du jour est beaucoup plus inquiétante que celles des œuvres citées précédemment
[Fille sexy + garçon] x Instruments de torture = manga Ecchi SM, cependant, cette équation est sauvée par l’humour dont font preuve les personnages.
Ce manga pourrait être le scénario d’un week-end ayant pris une drôle de tournure entre un couple et une amie. Monsieur a cru voir un signe d’ouverture du côté de l’amie de sa fiancée, pensant pouvoir enterrer sa vie de garçon avant que les fossoyeurs n’arrivent, la gifle qu’il a reçu l’a laissé sans voix, elle lui a permis de comprendre qu’il avait merveilleusement merdé. S’attendant à voir tomber la guillotine de sa petite amie sur son cou de coq aux abois, cette dernière l’a surpris en l’invitant à passer le week-end à la campagne dans la propriété de ses grands parents,  » tu sais ? Celle avec la vieille grange que l’on ouvre jamais ? Ça va te détendre, tu m’as l’air anxieux en ce moment « . Ce pauvre jeune homme ne sait pas ce qui l’attend car le sort réservé à Ishimaru Daito n’est pas très enviable.

En effet, Houkago no Goumon Shoujo est une œuvre qui vous propose de revisiter l’histoire à travers les instruments de torture glanés dans le monde entier.
Daito est un jeune lycéen qui bien que jeune souhaite donner une nouvelle tournure à sa vie sentimentale. Car Daito n’a connu que des petites amies qui sous des abords de jeunes filles cools se sont révélées être de parfaites sociopathes réduisant à néant ses rêves de tendresse et de tranquillité. Effectuant sa rentrée dans ce nouveau lycée, Daito espère enfin vivre une histoire d’amour classique avec une jeune fille normale. Sur le chemin du lycée, il croit reconnaître cette jeune fille à travers les traits de Sasahara Kiyoka, une lycéenne qui lui tombe littéralement dans les bras après avoir manqué une marche d’un escalier. Sasahara s’en sort sans égratignures mais ça n’est pas le cas de notre héros au cœur de lion, légèrement blessé à l’avant bras. Tomochika Asami, l’amie de Sasahara qui passait par là, lui propose de venir se soigner dans leur club de sciences humaines. Arrivé sur place, Daito se croirait dans le musée de l’inquisition s’il n’était pas dans son lycée car tout ce que l’homme a su inventer pour faire parler les prisonniers est réuni dans cette pièce, de la Vierge de fer à la poire d’angoisse en passant par la fameuse égosseuse, la guillotine des bijoux de famille, tout est là. Sentant le pot aux roses, Daito souhaite extraire son enveloppe corporelle de cet enfer mais c’était compter sans la pugnacité de Tomochika Asami. Après avoir perdu le défi lancé par Tomochika, Daito se retrouve enrôlé dans ce club.
Arrivera t’il à rester digne dans un manga où Chaque chapitre est l’équation d’un fétichisme particulier ?

 

L’avis d’Otaku

 

De prime abord, j’ai vu dans ce manga tout ce que l’industrie du divertissement japonais est capable de produire en termes de fan service, servie par un character design fort agréable, les jeunes femmes de Houkago no Goumon Shoujo sont des muses qui inspirent le poète qui sommeille en moi. Mais au delà des formes, il y’a la pertinence du propos et le traitement original du sujet qui saura vous plaire grâce à l’humour de cette œuvre de Boku. Les instruments de torture constituent un sujet d’études dérangeant car ils nous renvoie à la barbarie la plus tordue de l’histoire de l’homme et de ceux qui les ont conçu.
Car lorsque l’on se dit sérieusement que chacun de ces instruments a réellement été utilisé sur l’homme, on peut se demander si l’humanité a déjà été humaine un jour.

 

Mangaka : Boku

Magazine de prépublication : Magazine Pocket

Éditeur japonais : Kodansha

 

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