Pygmalion, la révolte des mascottes

Récemment, je suis tombé sous le charme d’une peluche à taille humaine. Que les esprits chagrins se rassurent, nôtre relation est platonique et il y a de fortes chances pour que cela n’aille pas plus loin que des big hug si un jour nos chemins se croisent. Cependant, je n’ai aucune honte à révéler l’immense affection que j’éprouve pour Chiitan, la mascotte la plus mignonne que le Japon ait pu enfanté.

 

Dans un article précédent, nous vous avions expliqué à quel point la culture de la mascotte était ancrée dans la culture japonaise notamment à travers le Yuru Kyara Grand Prix, le festival national qui organise l’élection de la mascotte la plus kawai du pays. Lors de l’édition de l’année dernière, c’est Unarikun, la mascotte officielle de la ville de Narita, qui a remporté ce concours annuel dont le monde entier parle de plus en plus.

Unarikun symbolise l’aéroport de Narita, fer de lance économique de la capitale administrative de la préfecture de Chiba, Chiryuppi de Chiryu, capitale de la préfecture d’Aichi et Trykun d’Higashi-Osaka, capitale de la préfecture d’Osaka, respectivement second et troisième, viennent compléter ce classement.

Un classement dans lequel notre chère Chiitan ne figurera jamais car Chiitan effectue sa promotion de manière disruptive.

En effet, son humeur changeante la rend incompatible avec le règlement strict du Yuru Kyara qui exige de la part des mascottes un comportement d’enfants de chœur. Or, le comportement politiquement incorrect de Chiitan ne permet pas aux autorités de véhiculer les valeurs éducatives habituelles. Quand on sait que ces mêmes autorités se retrouvent parfois avec des prostituées mineures sur les genoux, on se demande de quel type d’éducation elles parlent.

Au secours, venez les aider !

Si on suit l’évolution du héros vers l’anti héros, on peut établir un parallèle similaire avec celui des mascottes qui sortent de plus en plus de ce rôle de doudou affectueux pour devenir des nounours badass qui peuvent se battre avec vous. C’est la raison pour laquelle j’aime Chiitan car malgré ce sourire enjôleur plein d’innocence, Chiitan ne manque pas une occasion de prouver sa force de caractère lorsqu’on la contrarie. Tout en conservant la gestuelle caractéristique des mascottes, Chiitan a des activités qui sortent des sentiers battus, elle s’entraîne à lancer des shurikens, elle drague d’autres mascottes, elle apprend à nager, elle course les jeunes femmes qui veulent lui voler son biberon.. Chiitan n’a pas une actualité de tout repos mais étant son attaché de presse en France, je vous promet de veiller à sa prospérité et son bonheur.

 

Quand les peluches ont des dents

 

Dans l’actualité manga du jour, les mascottes franchissent un palier qui les rend beaucoup moins mignonnes que Chiitan, on pourra même dire sans se tromper qu’elles ont pété les plombs, à croire qu’elles ont été possédées par le diable lors d’une cérémonie shintô ayant mal tournée.

Pygmalion nous plonge dans l’atmosphère pesante d’un manga survivaliste dont le décor est planté dans le Yuru Kyara de 2015. Cette œuvre de Watanabe Chihiro est sans doute l’expression du seum de son auteur qui, vexé par le classement de la mascotte de sa région, a voulu dégoûter les fans de ces nounours qui nous aiment.

Une réaction de gamin qui se traduit par une histoire où le jeune Keigo qui pensait faire plaisir à son petit frère en l’emmenant au Yuru Kyara Grand Prix, se retrouve dans un slash movie où il doit à la fois protéger Ako, sa meilleure amie et son petit frère de l’appétit des mascottes pour la chair humaine.

C’est un peu comme si vous vous rendiez au Parc Asterix pour vous retrouver nez à nez avec un Asterix ayant un peu trop abusé de sa potion magique car apparemment il vous prend pour un sanglier.

Plongez vous sans attendre dans cette révolte sanguinaire à laquelle il fallait s’attendre tant les mascottes sont malmenées par le public parfois dans les parcs d’attractions.

 

PS : Si vous souhaitez suivre l’édition 2018 du Yuru Kyara Grand Prix, visitez cette page Tumblr

 

Mangaka : Watanabe Chihiro

Magazine de prépublication : Comic Garden et Beat’s

Éditeur Japonais : Mag Garden

 

 

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