Plunderer, le manga dans lequel vous n’avez pas le droit de vous tromper

Dans ma vie j’ai fait plein d’erreurs, chacune aurait pu me coûter chère mais est-ce une raison pour me jeter dans l’abysse en cas de dépassement de quotas de conneries autorisée ? On en parle dans le plus grand des calmes à travers Plunderer, le manga qui vous condamne à la perfection.

 

La dictature de la notation

 

Si vous vivez dans le monde d’aujourd’hui comme tous ceux qui y résident, vous n’avez pu vous soustraire à cette injonction exigeant de votre part une note qui sanctionne un service ou un produit que vous avez acquis. Combien d’étoiles mettez vous à cette nouvelle application, combien de pouces bleus sur la page Facebook du restaurant FoodGood dans lequel vous avez tué un burger, combien de ronds pour cette maison d’hôtes sympa au cœur du massif armoricain, combien.
Vous ne savez pas où vous mèneront les notes que vous attribuez sur Air bnb, TripAdvisor ou lafourchette, vous n’avez pas idée du deep learning de la machine qui après avoir compris qu’elle était meilleure que l’homme décidera de monter un système où les hommes finiront par se noter les uns les autres. Lorsque la note passe en dessous de zéro, la machine condamne l’homme à un séjour dans les abysses de son système central afin de le remastériser. A force de tout noter, nous finirons dans le monde de Plunderer, le manga que l’on vous présente aujourd’hui.

 

Le droit à l’erreur

 

Plunderer nous raconte l’histoire d’Alcian, un monde d’heroic fantasy où l’on suit les aventures de Hina, une jeune fille qui un jour a vu la côte de popularité de sa mère descendre en flèche au point d’être aspirée par les abysses sous ses yeux. Avant de sombrer dans ce monde incertain, sa mère lui a conseillé de retrouver la trace d’un homme que la légende nomme Baron Rouge car lui seul est capable de lui porter secours. Hina décide de se lancer à sa recherche dans ce monde où vous êtes à la merci de celles et ceux qui portent un numéro plus élevé que le votre, en effet, dans cette société singulière, une hiérarchie sociale s’établit en fonction de la somme de toutes vos bonnes actions. Du nombre de kilomètres parcourus à pied au nombre de clients ayant apprécié votre cuisine, vous êtes tributaire du nombre que vous portez sur vous bien en évidence. C’est en quelques sortes une variante surréaliste de la vérité du plus nombre où le détenteur du numéro le plus élevé peut mettre celui qui en possède un moins élevé à son service.
Ce ne sera plus la peine de dire que vous êtes l’obligé de quelqu’un que vous cherchez à flatter, vous le serez vraiment tant que votre nombre ne sera pas supérieur au sien. Comme quoi il y’a l’espoir de retourner la situation en votre faveur et de tyranniser à votre tour celui ou celle qui vous dominait jusque-là. On notera la finesse de cette satyre sociale qui dépeint de manière originale le besoin d’élévation sociale afin que le dominé devienne un dominant qui domine à son tour les dominés, l’individu est lancé dans une course où il doit échapper au déterminisme social sous peine de voir son nombre diminuer.

 

Le haut du panier

 

C’est difficile à croire vu l’âpreté des jugements des uns sur les autres mais dans le monde dans lequel nous vivons, nous avons droit à l’erreur. Si vous entrez dans une spirale d’échecs en série, vous subirez une condamnation sociale de votre entourage qui vous fera passer pour une douce rêveuse mais vous n’irez pas en prison à part si vos erreurs tombent sous le coup de la loi, vous subirez simplement les conséquences de vos échecs, lorsque vous arriverez en retard à un entretien d’embauche ou quand il vous arrivera de dire une chose que vous auriez mieux fait de garder pour vous.

Imaginez un monde dans lequel vous n’aurez même pas le droit de vous tromper de chemin et encore moins d’en indiquer un mauvais à ceux où celles qui sont perdus. Cela pourrait ternir votre réputation au point qu’un jour votre ombre décidera de vous avaler afin que vous rejoignez les abysses. Un monde dans lequel l’élève récalcitrant ne redouble plus, un monde dans lequel l’élève qui harcèle les autres rejoindrait les abysses… ? Un monde où un président qui grab les femmes par la pussy serait condamné aux abysses pour l’éternité ? Ça m’a l’air pas si mal, finalement.

Une adaptation anime a été annoncée un peu partout au mois de février 2018, on a hâte de voir ce que ça donne !

 

Mangaka : Minazuki Suu

Editeur japonais : Kadokawa Shoten

Editeur anglais : Yen Press

Magazine de prépublication japonais : Shounen Ace

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.