Weekly Shonen Jump, le magazine au sang chaud

On ne va pas vous refaire la genèse du Weekly Shonen Jump, si vous êtes d’authentiques otaku, vous savez que la plupart de vos mangas préférés sont issus de cette usine à blockbuster, depuis Saint Seiya jusqu’à Boku no Hero Academia, le plus célèbre des magazines de prépublication a su marqué toutes les époques à travers des œuvres qui ont l’art de galvaniser leur public.

 

L’exigence de la charte éditoriale du Shonen Jump n’est pas une légende, c’est une réalité cruelle qui fait disparaître du sommaire les nouvelles séries qui n’arrivent pas à trouver leur public à l’instar de Noah’s Notes qui semble se diriger tranquillement vers le cimetière des échecs éditoriaux. Cette série au scénario original s’en ira rejoindre Black Torch qui y est enterré depuis le mois de juillet. On espérait vraiment un autre destin pour le premier manga de Takaki Tsuyoshi car on avait rarement vu un mangaka débuter avec un tel niveau de maitrise graphique. Notre article au sujet de cette œuvre soulignait déjà de fortes accointances entre Black Torch et Bleach,  les lecteurs en ont sans doute eu assez des chats noirs qui viennent d’un autre monde pour demander de l’aide à un lycéen.

 

Pilule rouge ou bleue ?

 

A Ohayominasan, nous considérons qu’il existe deux types de Shonen, précisons que l’on ne parle pas de genres (combat, sport, romantique, Isekai..) mais d’une typologie en lien avec le mode d’élaboration de l’œuvre

Créer une série originale est une prise de risque que certains ne veulent plus prendre, voir son nom associé à un échec au Japon peut vous suivre toute votre vie, on offre rarement une deuxième chance à un mangaka qui n’a pas su répondre aux attentes placées en lui. S’il ne perd pas espoir, il pourra poursuivre sa carrière en deuxième division dans des publications moins prestigieuses qui lui laisseront le temps de peaufiner son style ou bien devenir assistant dans l’équipe d’un manga qui remporte tous les suffrages de popularité.

Black Clover appartient à un type de Shonen que l’on n’aime pas beaucoup, on le dit gentiment mais ce type de Shonen qui se contentent de copier la formule des séries à succès, sincèrement ça nous fait craindre le pire pour l’avenir du manga. Si un jour, une intelligence artificielle écrit des scénarios basés uniquement sur ce qui est populaire aux yeux du public, Black Clover y sera pour quelque chose. C’est simple, si Fairy Tail ( elle-même extrêmement repompée sur Mär ), Nanatsu no Taizai n’avaient pas existé, Black Clover n’aurait jamais vu le jour. Black Clover décrit la situation de celui sur lequel on copie en classe et que le professeur accuse de copier. Bien entendu, celui qui a copié a eu une meilleure note sinon c’est pas marrant. Naruto veut devenir Hokage ? Asta ne ménage pas ses efforts pour être le prochain empereur de la magie, Méliodas emprunte à son père, qui exerce le métier de roi des démons, une énergie noire du plus bel effet ? Asta qui est incapable d’utiliser la magie dans un royaume magique, un jour alors qu’il était en galère se met à utiliser le même type de pouvoir que Meliodas, quant à évoquer les similitudes entre Black Clover et Fairy Tail, nous ne pensons pas que ce soit nécessaire, la magie de Fairy Tail ressemble tant à celle de Black Clover qu’un temps, nous avons cru que Black Clover était la suite de Fairy Tail.  Et lorsque Oricon nous apprend qu’entre Novembre 2017 et Mai 2018, Black Clover a été vendu à  plus de 2 millions d’exemplaires rien qu’au Japon, ne vous étonnez pas si vous constatez prochainement une amélioration du trait de ce manga, Takaki Tsuyoshi y sera peut-être pour quelque chose.

Le deuxième type de Shonen est pour nous le seul type qui devrait exister mais comme personne ne nous écoute, un jour il disparaitra comme la baleine bleue et les dauphins que vous dévorerez sous forme de sushi.

La série originale est une œuvre qui sort des sentiers battus afin de tracer son propre chemin à travers une histoire innovante qui apporte quelque chose en plus à un genre donnant l’impression de tourner en rond.

Avant Dragon Ball, le Nekketsu traditionnel empruntait beaucoup aux Sentai live comme on peut le constater dans les Chevaliers du zodiaque. Dragon Ball a chamboulé les codes du Nekketsu sans les abandonner pour autant car Dragon Ball Z et son Genki Dama les reprend allègrement.

Le véritable chef d’œuvre en terme de série originale est Jojo Bizarre Adventure où l’on suit différentes générations de la famille Joestar ( parfois Brando) sur différentes époques. Si je parle de JoJo avec une certaine émotion c’est parce que ce manga de Hirohiko Araki dont la parution a commencé en 1986 est le manga qui m’a donné envie de découvrir autre chose que Dragon Ball. J’avais 9 ans en 1989 lorsque mon ami Gilbert a eu la bonne idée de me prêter un Weekly Shonen Jump. Juste histoire de vous resituer mais jusqu’à preuve du contraire, en 1989, il n’y a pas encore de manga traduit en français et Dorothée Magazine est notre principale source d’informations en termes de manga et de japanimation. Au départ, je sollicite auprès de mon ami le prêt du Jump pour lire le chapitre de DBZ mais 15 pages en japonais alors qu’on ne parle pas la langue, c’est assez maigre comme pitance à se mettre sous la dent. Alors on feuillette, on se balade entre toutes ces séries inconnues qui nous ouvrent un monde insoupçonné puis on tombe sur Angelo de l’arc Josuke Higashitaka. J’ai d’abord cru à un manga d’horreur tant le terme bizarre n’est pas inapproprié dans le titre, on a l’impression que Araki a recensé toutes les sources de sensations de chair de poule afin de les intégrer à sa série. Une série à la longévité qui ferait plaisir à n’importe quel jeune auteurs car nous sommes en 2018 et le manga est loin d’être terminé ! Si l’originalité avait un deuxième prénom, elle porterai le nom de Jojo, peu de manga arrivent à faire l’unanimité comme l’œuvre d’Araki qui prouve qu’en ne ressemblant qu’à soi même, un manga crée une relation privilégiée avec le public.

Le dernier héritier en date de la prise de risque artistique de Jojo est Kimetsu No Yaiba, de Koyoharu Gotôge, un manga que l’on ne présente plus tant on en a parlé sur le site. On lui souhaite de durer le plus longtemps possible.

En préparant ce papier, on a découvert Otakulte, un cousin pas très éloigné de notre Otaku Desuka local, Otakulte est un youtubeur qui a eu la bonne idée de commenter l’actualité du Weekly Shonen Jump en donnant le classement hebdomadaire des séries les plus plébiscitées par le public. Et comme sa vidéo sur Jojo est nickel, on vous la partage aussi :

Et pour en savoir plus sur le fonctionnement du Weekly Shonen Jump, on vous laisse découvrir en image les coulisses du temple du Shonen en la compagnie de Yû Saitô, responsable d’édition pour l’hebdomadaire le plus Shonen au monde :

 

 

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