Goblin Slayer, le tueur de gobelins

Gobelin Slayer nous raconte une histoire tenant place dans un univers Dark Fantasy relativement classique. Un monde fantastique où les créatures mythiques tel que les elfes, les gobelins et les dragons cohabitent de manière plus ou moins heureuse avec les sociétés humaines.

Si l’on devait poser l’équation du récit Dark Fantasy de base, on ferait les choses simplement, un moyen Age, des villages, des cités urbanisés autour du château du seigneur et des poulets en forme d’ognons qui se balade paisiblement. A ce porridge d’avoines vous ajouterez de la bave de gobelins, quelque dents de dragon ainsi qu’une oreille d’elfe qui écoutait aux portes des gens.

 

La guilde des aventuriers perdus

 

Réalisé par le triumvirat composé par Kumo Kagyu pour l’écriture, Noboru Kannatuki pour le Character design et Kousuke Kurose pour la création graphique, Goblin Slayer est sans doute l’un des mangas les plus déroutant que l’on a eu l’occasion de voir ces dernières années. En effet, cette œuvre magistrale est entrée dans nos radars en en septembre 2017 mais quelque chose, un détail malaisant nous a grandement gênés au point que l’on a mis du temps avant de travailler sur ce manga. Lorsque l’héroïne de Goblin Slayer se présente devant l’hôtesse d’accueil de la guilde des aventuriers, on découvre une jeune femme qui débute une carrière de prêtresse dans le monde des aventuriers qui vont chercher des missions dans l’agence d’interim du coin. Le niveau de difficulté des missions est théoriquement adapté au rang des aventuriers. On dit théoriquement car l’aventure de la première équipe de notre jeune femme s’est achevée si rapidement qu’on a eu l’impression de passer d’un manga Shonen à un hentai en tournant une page où les orcs se comportent comme dans Dragon Pink. C’est presque gênant car au regard de l’aspect angélique très Shojo de l’héroïne, on ne s’attend pas à ce que cela aille aussi loin que le massacre extrêmement graphique de cette équipe d’amateurs. Rien ne laisse présager une telle montée de violence à part la réelle inquiétude qui se lit sur le visage de l’hôtesse d’accueil qui leur a confié à reculons la mission d’aller chasser des goblins.

Vous vous êtes sans doute rendu compte que j’ai dû user nombre d’artifices  jusqu’ici pour que vous ne remarquiez pas que l’héroïne n’avait pas de nom. Elle n’est pas la seule, personne dans cette série n’a de nom. Ni elle, ni le Goblin Slayer ni le chat qui se balade entre les planches, personne n’a été nommé dans cette histoire, on pense à une excentricité d’auteurs iconoclastes comme explication, on se demande si on devrait organiser un concours où l’on vous demanderai de baptiser votre personnages préféré en partageant le nom auquel vous pensez dans les commentaires.

 

Une violence à laquelle on s’attend pas

 

Des esprits chagrins nous diront sûrement que lorsqu’on lit un manga Seinen annonçant des scènes gores, on ne se plaint pas du niveau de violence de l’œuvre, je leur répondrai que je les remercie de l’intérêt qu’ils portent à cet article mais malheureusement ils n’ont pas saisi la teneur de notre propos. Ohayominasan vous a présenté tant de manga seinen sanguinolent que notre surprise pourrait étonner cependant l’on tient à préciser que ça n’est pas le niveau de violence de Goblin Slayer qui nous choque. En effet, l’aspect graphique d’un manga Seinen répond à des codes différents de ceux d’un Shonen ou d’un Shojo, le trait du Seinen est soit plus réaliste, soit abstrait au point qu’on a l’impression de lire une bd ou un comics de Garth Ennis destiné à un public adulte. Le Shonen et le Shojo ont des visages joufflus, des yeux ronds sans aller jusqu’à la caricature Super Deformed mais rien qu’en voyant Gon ou Sakura, on ne s’attend pas à les voir se faire démembrer en plein milieu d’épisode. Car les codes graphiques constituent une forme de communication non verbale qui parlent à notre inconscient pour que l’on sache à quoi s’attendre. Notre niveau d’alerte n’est pas le même que l’on soit spectateur d’un film d’horreur ou du dernier Disney en date.

Or, lorsque l’on regarde Goblin Slayer, on éprouve la vraie sensation du conte de fées qui bascule dans l’horreur d’une manière sèche et brutale. C’est sans doute un procédé clairement assumé par les auteurs, briser les codes habituels afin de dérouter le spectateur qui aime ça finalement car l’anime de Goblin Slayer est un vrai succès d’audience. En effet, lors des premières semaines de l’automne, c’était l’anime numéro un du classement international d’Anime Trending qui permet aux fans du monde entier de voter pour leur anime préféré.

 

Le Ecchi Fin de Service

 

La rubrique Ecchi de votre webzine préféré atteste de notre intérêt pour ce genre noble et sensuel.

Cependant, quand on arrive à écrire une histoire de qualité comme Goblin Slayer, le Ecchi fan service est un artifice inapproprié car le ecchi fan service a pour but de combler les lacunes d’un scénario pauvre pour que le lecteur trouve un intérêt à sa lecture. Or l’intrigue de ce manga est si intéressante que la première scène où l’on voit apparaître celle que les auteurs ont nommé vulgairement Cow-Girl nous prend clairement par surprise. Cette jeune femme qui est en fait l’amie d’enfance du Goblin Slayer est en pleine forme comme vous pouvez le constater ici :

A titre personnel, je l’accepte tel qu’elle est sans la juger sur son physique de manière à ne pas la complexer mais objectivement ce trop plein de formes débordantes arrive à ce moment là comme un cheveu sur la soupe.

Beaucoup de fans de la série la compare à Berserk et il est vrai qu’en termes de Dark Fantasy, Berserk est la référence absolue. Pourtant, on n’imagine mal dans Berserk la scène que vous pouvez voir un peu plus haut. Comment maintenir une atmosphère Dark Fantasy avec un happening pareil ? On s’attend plus à voir ce genre de séquences dans Bastard! où la lubricité de Dark Schneider donne le ton de la série, on n’est pas surpris par Porno Diane et la fermeté de son cul parfait, on connaît les us et coutumes de Dark Schneider. On comprend le besoin de justifier la haine du Goblin Slayer pour les gobelins mais la multiplication des scènes de viol de jeunes femmes par des gobelins tend à un voyeurisme des plus malsains. Le viol est le pire des meurtres, c’est une mort qui vous laisse en vie avec le souvenir du goût amer de vos bourreaux. En le banalisant de cette manière, Goblin Slayer passe à coté du message de la série qui cherche sûrement à le dénoncer.

En empruntant les codes de la Dark Fantasy, du Shonen, du Shojo, du Seinen, du Ecchi Fan Service et du Hentai spécialisé dans les prestations de gobelins, Goblin Slayer se perd dans un mélange des genres qui à l’avenir pourrait lui porter préjudice.

 

Le Serial Killer de Gobelins

 

Certains observateurs ont comparé le Goblin Slayer au Punisher pour l’aspect obsessionnel de sa vengeance, on ne les contredira pas sur ce point quand on apprend un peu plus sur la vie du Goblin Slayer.

Après avoir été témoin du viol en réunion de sa sœur, souillée par des goblins qui l’ont torturé puis démembré, le jeune homme a grandi en se jurant de devenir un Gobelins Slayer, un guerrier spécialisé dans l’extermination des Gobelins. Depuis, il s’attelle à cette tache de manière méthodique et documenté, menant des offensives millimétrées qui apportent une réelle dimension de Tactic Rpg, dans cette œuvre où l’aspect stratégie des opérations est intelligemment détaillée. Le Goblins Slayer occupe le rang d’argent, le troisième rang le plus élevé après le rang Or et celui de Platine.

Les quêtes liées aux gobelins font partie des moins prestigieuses, ce sont des missions réservées aux rangs les moins élevés. Ce qui est relativement étonnant car les aventuriers peu expérimentés se font systématiquement malmenés. On sent une forme de snobisme social chez les aventuriers de rang équivalent à celui du Goblin Slayer pour lesquels le Goblin Slayer apparaît comme un fainéant qui préfèrent la « facilité » de l’éradication des gobelins plutot que de se risquer à des missions plus périlleuses. Cependant leurs sarcasmes ne traversent pas la cuirasse du Goblin Slayer qui ne retire jamais le casque de son armure.

On vous invite à découvrir cette série malgré tout, même si, en empruntant les codes de la Dark Fantasy, du Shonen, du Shojo, du Seinen, du Ecchi Fan Service et du Hentai spécialisé dans les prestations de gobelins, Goblin Slayer se perd dans un mélange des genres qui à l’avenir pourrait lui porter préjudice.

 

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