Burakku Gakkou ni Tsutomete Shimatta Sensei, Gyaru is the new Black

Aujourd’hui, on vous présente un manga qui pourrait vous donner l’impression de tomber dans les stéréotypes racistes les plus réducteurs.

En effet, cette œuvre du mangaka Souryuu nous raconte l’histoire d’un jeune professeur qui lors de son premier jour de cours découvre une classe entièrement composé de Ganguro c’est-à-dire des Gyaru au bronzage très prononcé. Lui, qui a eu maille à partir avec des gyaru qui l’ont malmené lors de sa scolarité, se sent extrêmement mal à l’aise alors qu’il voulait faire bonne impression dans cette école de jeunes filles. Malgré tout, le jeune homme veut faire bonne figure mais c’était compter sans l’enthousiasme débordant de Kuroi Mariko, l’élève qui a jeté son dévolu sur lui.

 

Homerun Teacher

 

Si on devait absolument trouver un élément de comparaison, le Homeroom Teacher pourrait s’apparenter au professeur principal que certaines d’entre vous retrouveront à la rentrée des vacances de Noël, c’est le professeur qui s’occupe de l’intendance de la classe, celui auquel les autres professeurs viennent cafter vos errements lors de leurs cours, il est déconseillé de se fâcher avec ce ou cette prof sous peine de redoublement pédagogique à la fin de l’année scolaire. Au Japon, les élèves ne quittent pas leur salle de classe, ce sont les professeurs qui défilent les uns après les autres devant les élèves et c’est de cette manière que la classe de Kuroi Mariko fait la connaissance de Imada Sadamichi, leur Home Room Teacher qui tentera de leur enseigner l’anglais s’il parvient à garder son sang froid.

 

Burakku Gyaru, Ecchi romance manga no harem

 

Lors de cette rentrée qui le marquera à jamais Sadamichi découvre avec stupeur que l’ensemble des élèves appartenant à la classe dont il a la charge sont des Burakku Gyaru, autrement dit des Ganguro ou Yamanba ayant l’habitude de sévir à Shinjuku. Leur peau est si dorée qu’on croirait qu’elles font des UV entre les cours. Dans le dossier sur les Gyaru que nous avons réalisé il y a quelques mois, nous expliquions comment ces jeunes femmes rééquilibraient le rapport de force entre les hommes et les femmes dans la société japonaise en étant sexuellement agressives et provocantes. La femme du Japon traditionnel se doit d’avoir un teint de lait, le regard baissé, le corps soumis aux désirs de l’homme qui retrouve sa femme après l’avoir trompée avec sa secrétaire. La Gyaru s’est rebellée contre cette pression sociale en devenant l’inverse de ce que la société japonaise attend d’elle, au devoir de réserve et de sobriété la Gyaru opposera des couleurs vives et agressives comme un animal vénéneux à la langue pointue qui cherche à avertir de sa toxicité, au teint pâle, la Gyaru préfère celui de ces cousines californiennes, et ce teint légèrement tanné au début de ce mouvement sociétal a fini par clairement virer au noir au point que la question de la Black Face s’est posé dans un pays où la culture a parfois des accents xénophobes.

Il est clair que cette surenchère épidermique nous interroge et nous serons les derniers à minimiser le racisme sous toutes ses formes lorsque nous le rencontrerons.

Dans la Pop Culture japonaise, des exemples de Blackface ouvertement racistes et offensantes nous permettent de disculper les Ganguro de toutes ambiguïté à cet égard.

Au contraire, lorsqu’on interroge les Ganguro au saut du lit ou dans la rue, elles affirment toutes trouver les femmes noires belles et stylisées.  Leur source d’inspiration depuis les prémices de ce mouvement sont les magazines américains des années 80 décrivant les cultures urbaines de villes métissées, Madonna, Gloria Estefan, Bananarama, Chaka Khan… La liste serait plus longue que le bras s’il fallait énumérer l’ensemble des influences ayant inspiré les gyaru japonaises sans oublier les années 90/2000 de Maria Carey, Aaliyah, Beyoncé et Alicia Keys.

Fait étonnant, on observe même ces dernières années un inversement des pôles d’attractivité de la mode internationale. Auparavant, l’Europe et les États-Unis attiraient tous les regards lors des lancements de leur Fashion Week mais aujourd’hui, les tendances sont imprimés par l’Asie et l’Afrique. Shibuya est la nouvelle capitale de la mode, les collectionneurs de Sneakers sont tous d’accord et Beyoncé ne jure que par des créatrices africaines comme la sénégalaise Sarah Diouf ou l’ivoirienne Rebecca Zoro pour habiller son corps parfait.

Dans les années 90, la jeune japonaise urbaine fan absolue de Namie Amuro voulait ressembler à Aaliyah, de nos jours, les jeunes européennes et américaines sont les meilleures ambassadrices de la culture Cosplay dans leurs contrées ainsi que sur les terres natales de cette pratique culturelle de plus en plus répandu dans le monde.

Car après s’être inspiré du monde, les Gyaru japonaises inspire le monde. Gwen Stefani, Nicki Minaj, Katy Perry revendiquent une passion pour la mode japonaise qui frise parfois l’appropriation culturelle selon certains
Les Gaijin Gyaru, Gyaru d’origine autre qu’Asiatique, des américaines, des blanches, des noires, des métisses, des sud américaine, des européennes, des africaines ayant grandit avec les anime se sont appropriées tous les codes des Gyaru et du Cosplay notamment.

Les Gaijin Gyaru sont très populaires au Japon ainsi que sur les réseaux sociaux, les auteurs japonais ont toujours été inspirés par la plastique des femmes du monde entier et il est intéressant de constater que ces mêmes femmes soient inspirées par les héroïnes de manga dont elles sont les muses, on observe ce mouvement culturel un peu comme une réflexion de miroirs à l’infini.

L’avis d’Otoko Dashi

 

Dans Burakku Gakkou ni Tsutomete Shimatta Sensei l’homme craque son slip au sens propre du terme, humilié en public par des jeunes femmes qui

Bouleversent l’ordre patriarcale en bousculant leur professeur, phallocrate castré symboliquement car la Gyaru prend l’initiative en l’abordant, en prenant les rênes du coït verbale et de l’étreinte corporelle. Mariko et ses amies poussent le vice jusqu’à  l’outrance sexuelle afin de subjuguer l’homme qui se vide de sa substance, la conscience fracturée par la dissonance cognitive entre la morale qui respecte les règles et le corps triomphant de ces jeunes femmes qui les font voler en éclat, l’homme est réduit à l’état d’objet, un godemichet vivant qui étanche la soif de ces Gyaru qui le dominent de la tête au pieds.

L’aspect graphique des personnages, féminins notamment, est saisissant, Mariko et ses amies sont très joliment joufflues, dessinées de manière à ce qu’il soit très difficile de détourner le regard quand elles mettent la pression à leur professeur.

Il est vrai qu’elles passent des heures sous les UV, il est vrai que leur manucure connaissent la vie privée de leurs amants sur le bouts des ongles et que leur vie sexuelle ferait passer Jacquie et Michel pour des grenouilles de bénitier mais ces jeunes femmes débordantes d’affection sont trop attendrissantes pour que l’on condamne leur aspect physique.

Et puis comment reprocher aux Burakku gyaru japonaises de chercher inconsciemment à ressembler à leurs plus lointaines ancêtres Aïnou ?

 

Ecchi manga scan fr

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