Chidaruma Kenpou Onorera Ni Tsugu, le paria samouraï

Aujourd’hui, on vous présente un manga qui se parcours comme une esquisse japonaise.
Chidaruma Kenpou Onorera ni Tsugu « Combattez moi ! »

 

Chidaruma Kenpou Onorera Ni Tsugu est une œuvre qui se lit comme une excuse qui justifie la violence édulcorée par les estampes dont on ne retient que l’aspect esthétique.
Pour ma part, j’ai toujours ressenti que l’on me racontait des histoires avec ces samouraï chevaleresques prêt à donner leur vie pour l’honneur et le Bushido. Le samouraï est le champion de l’imaginaire japonais, il est une légende vivante qui prend soin de ses contemporains, on le salut bien bas, on lui offre le gît et le pot au feu, on lui sert le meilleur saké, les prostituées se disputent ses faveurs afin d’enfanter un tigre qui servira un seigneur.
Je pense que des œuvres comme L’Habitant de l’Infini, Ichigeki ou Chidaruma Kenpou Onorera Ni Tsugu nous décrivent le samouraï tel qu’il était en dehors de ses habits de légende c’est à dire un homme qui se donne le droit de vie et de mort sur les autres. Les autres veulent vivre alors ils se soumettent à cette force forgée par autant d’années d’entraînement que de mise à sac de villages à taille humaine.
Le samouraï est le mâle dominant partout où il est, il tue le paysan qui l’accueille, il viole la fille du paysan devant sa mère, il boit, il s’endort puis viole le fils pour lui montrer ce qu’est un homme.

Ghetto Social, 1632, Japon

Le manga du jour dépeint le portrait complexe mais socialement intéressant d’un apprenti samouraï aux origines extrêmement modestes. La plupart des sociétés humaines classifie les individus qui la constitue en fonction de leur rang social. Plus votre rang est élevé, plus on vous prête des qualités, moins votre rang est élevé, plus vous avez de défauts, vous puez car le pauvre sue, vous tuez, vous volez, vous violez car le pauvre n’est pas civilisé contrairement à cette noblesse d’épée que l’on doit saluer à chaque fois qu’on la croise. Chaque société a ses intouchables, cette caste en dessous de toutes les autres, ces hommes et ces femmes qui font le travail que personne ne veut faire, ces bourreaux, ces croque-morts et autres tanneurs qui porte sur eux le parfum de la honte. Au Japon, on leur attribue le terme de « Burakumin » et jusqu’à leur « libération » administrative en 1871, ils vivaient dans leur propre quartier où les gens du bon peuple allaient s’encanailler comme on cherche une pute dans le quartier rouge de Shinjuku. Il est à noté que 60% des Yakuza sont Burakumin.
Gennosuke est un apprenti qui dégoûte ses condisciples. En effet, Gennosuke est incapable d’admettre sa défaite lors des combats d’entraînement. Admettre sa défaite fait parti de l’entraînement mais le jeune Burakumin semble en être incapable, le visage maculé de sang, Gennosuke insiste pour poursuivre le combat jusqu’à ce qu’il l’emporte. Jusqu’où va le pousser ce jusqu’au boutisme ?
On vous invite à découvrir ce manga qui a été censuré à sa sortie dans les années 60 mais réédité récemment. Afin de comprendre que le mépris de classe n’a pas de couleur ni de frontières.

Mangaka Sensei : Hirata Hiroshi

Éditeur japonais : SeirinKogeisha

 

Année : 1962

PS: On sent que Gennosuke a inspiré le personnage d’Haohmaru de Samourai Shodown, ces deux garçons font montre de cette gestuelle brutale qui tend à enfoncer la lame au plus profond de l’âme de son adversaire.

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