The Rapeman n’est pas un super héros

Aujourd’hui, on vous présente un manga qui donne envie de vomir son âme afin qu’elle trouve refuge ailleurs.

 

« Espagne : arrestation de 5 jeunes Français soupçonnés de viol collectif » @JDD

 

Avant c’était bien mais maintenant, c’est mieux

 

Cela fait maintenant quelques années que je suis tombé sur ce manga lors de sombres pérégrinations sur le web profond en forme d’oignons.
J’en avais un peu marre d’entendre parler de manga extrêmes sans pouvoir constater par moi même l’étendu des dégâts dans la conscience de certains artistes. Après avoir vu ce que je n’aurai jamais dû voir, j’ai essayé de rincer mes yeux sérum physiologique mais malheureusement, le souvenir d’un certain snuff manga restera gravé dans ma mémoire jusqu’au jour du jugement dernier, voir peut être au delà.
Suite à ce traumatisme réel qui m’a poussé à avertir les autorités compétentes afin que de jeunes adolescents écervelés ne se gargarisent pas de l’existence de ce genres de sites, j’ai voulu remonter à la source des manga qui font passer les hentai pour de la gymnastique matinale de Pokemons. Mon outsourcing digne d’Indiana Jones dans l’enfer du web m’a guidé vers ce manga vintage, insensé, inimaginable qu’est The Rapeman.
Si la liberté pouvait se défendre contre celles et ceux qui abusent d’elle en son nom, elle en aurait giflé beaucoup.
Je pense que si l’on est un être humain normalement constitué, à la lecture de ce manga, on tombe de sa chaise
en faisant plusieurs tonneaux spectaculaires avant de fracasser son corps contre un mur d’incompréhension. On pense à tous les mangaka qui se sont vu refusés leur projet de manga au profit de celui qui a eu le droit de publier The Rapeman, le manga de quelqu’un que je ne nommerai qu’une fois car j’ai envie d’oublier son nom.

 

Le pire attire toujours l’attention

 

The Rapeman, c’est l’étron qui remonte à la surface de la piscine municipale, c’est le métier qui rentre par là où ça fait mal, c’est la liberté de ceux qui viole la liberté d’expression au nom de la liberté d’expression, c’est un non sens qui prétend en avoir un.
On entend beaucoup dire ces derniers temps que l’époque actuelle serait plus chiante que celle d’hier car selon certains réactionnaires avant c’était mieux, avant, on pouvait dire ce qu’on veut.

Avant c’était bien, on pouvait violer comme on voulait, la science était à la traîne, les tests ADN ne s’effectuaient
que dans le laboratoire du Dr Spock. Avant, les petites filles disparaissaient sans raison, c’était la magie des contes de fée sur le chemin de l’école, les petites filles se volatilisaient comme une substance chimique qui se dissout dans l’atmosphère, autant de jeunes garçons connaissaient le même sort, chaque affaire était couverte d’une chape de plomb fissurée uniquement par de fausses rumeurs, les qu’en dira t’on, les concours de vous m’en direz tant à voix basse pour être sûr d’éveiller les soupçons que l’on souhaitait ne pas éveiller. Il suffisait de passer les mailles du filet des prédateurs pour passer de l’enfance à l’adolescence puis à l’âge adulte. On croirait presque qu’il était admis que le prédateur effectue une sorte de sélection naturelle entre les enfants qui échapperont à l’horreur et ceux qui la connaîtront. Et puis ça faisait grandir plus vite, beaucoup d’adultes étaient passés par là, sers les dents.
Avant, des pédophiles étaient invités par Bernard Pivot, parfois ils leur arrivaient même d’animer des émissions pour enfants à l’image de l’anglais Jimmy Savile reconnu après sa mort comme le plus grand violeur de l’histoire d’Angleterre, le plus grand prédateur sexuel anobli par la reine, le vrai ogre d’un faux conte de fée ayant sévi dans les hôpitaux auxquels ils apportaient un soutien financier.

Dans le sillage du hashtag MeToo, certaines anciennes gloires du cinéma y sont allées de leur révélations scabreuses sur l’art et la manière de se retrouver en haut de l’affiche.
Avant, pour devenir actrice, il fallait juste savoir avec quels producteurs coucher, il fallait faire semblant d’aimer le goût de la salive d’un porc qui vous ouvre les portes d’Hollywood, faire semblant permet de travailler son jeu d’actrice, il fallait le prendre comme un test d’endurance mental qui sépare les travailleuses des capricieuses auxquelles la presse dressait un portrait désastreux.

Mais j’entends d’ici les voix des réactionnaires prendre parti pour le pire aspect de la nature humaine car l’ordre moral
menacerait leur liberté, l’ordre moral serait de retour pour les empêcher de tromper leur femme avec une nièce sourde et muette âgée de 14 ans, tout le monde l’aurait fait à leur place, ceux qui disent le contraire sont des hypocrites qui
ne tiennent pas debout face à la dernière ligne de défense d’un pervers qui consiste à dire qu’au fond nous sommes tous comme lui et qu’à travers lui nous brisons le tabou du passage à l’acte.

Si vous êtes fans de ce genre de twist scénaristique où le loup arrive à se faire passer pour l’agneau qu’il a bouffé ce
matin, vous arriverez sûrement à comprendre la motivation de l’auteur de ce manga.

Le fil conducteur de The Rapeman est si tordu qu’il ressemble à un serpent qui se mord la queue, le poison ne sert plus à concevoir un remède car il est devenu une drogue que The Rapeman consomme pur.

 

L’avis d’Otoko Dashi prêt à casser la gueule de l’auteur de ce manga

 

Devoir répondre de ce que l’on dit et de ce que l’on fait est un devoir auquel on doit se plier aussi facilement que
l’on accepte les droits que la liberté nous offre.

Le réactionnaire supporte mal la frustration liée à son manque de talent qui l’empêche de s’élever au niveau de Desproges ou de Coluche, un talent qui s’acquiert autant grâce au génie de la créativité que de celui du travail d’un Louis de Funès capable de répéter tous les jours pendant des mois les pas de danse de Rabbi Jacob. Le réactionnaire est trop fainéant pour se donner autant de mal que Zidane lorsqu’il s’entraînait pour devenir Francescoli, trop flemmard pour saigner des doigts sur la trompette de Louis Armstrong ou la guitare de Jimmy Hendrix.

La victime d’un viol survit toute sa vie à ce qu’elle a vécu, ceux qui parlent de victimisation sont les complices du violeur qui font passé leur insensibilité pour de la lucidité face à une victime ayant du mal à garder son sang froid. Ceux qui parlent de victimisation sont les complices qui maintiennent la victime à terre, ceux qui lui tiennent les bras, ceux qui lui couvrent les yeux et la bouche afin que le violeur puisse violer.

The Rapeman n’est pas un manga, The Rapeman est un crime visuel commis par un mangaka.

 

Mangaka : Miyawaki Shintaro

 

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