Mai Burookun Mariko, l’âme brisée

My Broken Mariko cover 3
Mai Burookun Mariko

Aujourd’hui, on ne plaisante pas avec vous.

 

Si vous avez besoin d’aide, ne parlez pas à ceux qui vous culpabilisent, ne perdez pas de temps avec ceux qui vous disent qu’il suffit de mettre du sien afin de sortir la tête de l’eau. Ne parlez pas avec ceux qui n’ont aucune compassion et qui s’écoutent parler pour se donner l’impression d’avoir fait quelque chose pour vous. Ne parlez pas à ceux qui parlent de bonne volonté, de force de caractère, d’optimisme, de prendre sur soi et de tartes à la fraise lorsque vous déprimez. Ne laissez pas leurs mots vides de toute sensibilité vous enterrer vivante, vous emmurer en retournant contre vous vos émotions comme si vous étiez responsable de ce que vous ressentez.

Le jardin d’hier

Lorsqu’elle apprend la nouvelle du suicide de sa meilleure amie, Ikagawa Mariko, Shii-chan n’en revient pas, on s’est vu la semaine dernière, je l’ai eu au téléphone hier, demain c’est loin mais hier ? C’est la porte à coté hier, hier on l’a vécu, on l’a éprouvé, hier, on s’en souvient. On s’est connu quand on était au collège où je fumais déjà clope sur clope, tu avais un œil au beurre noir, un souvenir laissé par ton beau-père, le souvenir d’un con, de toutes façons ils sont tous cons.
Un jour, il faudra choisir alors quitte à choisir, choisit le moins con, choisit le con le plus drôle, le moins fatigant, celui qui fait passer le temps plus vite que les autres.
Aujourd’hui, je suis l’Office Lady que je détestais hier, celle qui sert de variable d’ajustement à son N+1, l’employée de bureau qui nous regardait avec des yeux vides lorsqu’on chahutait dans le métro.
Je mange un ramen lorsque j’apprends la nouvelle. Je passe plus de temps au bureau que chez moi. Ça m’évite de penser à ce que je fais. Lors de ma pause déjeuner j’ouvre un journal où j’apprends que tu n’es plus là. Nulle part sur cette planète. J’ai peur d’oublier le son de ta voix, je cherche son écho partout où l’on s’est vu, partout où on avait l’habitude de se voir.
Tu n’es pas morte, tu as pris ta vie pour l’emmener ailleurs. Je cherche à comprendre pourquoi un jour tu t’es dis que la meilleure chose à faire c’était de partir. Je remonte à l’envers le fil conducteur de ta vie.
Je ne sais pas comment vivre demain sans toi.
Je vais apprendre.
Aujourd’hui, hier est tout ce qu’il nous reste.

Mangaka : Hirako Waka

Magazine de prépublication : Comic Walker

Éditeur japonais : Kadokawa

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.