Chiruran Shinsengumi Chinkonka, le requiem du shogun

Aujourd’hui, on vous présente le manga d’artistes complets.

Chiruran Shinsengumi Chinkonka cover
Chiruran – Shinsengumi Chinkonka

 

C’est toujours avec un plaisir non dissimulé que l’on apprécie le travail d’un mangaka tirant son inspiration de la profondeur.

Laissant à notre œil le loisir de se balader le long de la perspective d’une rue d’Otaru à Hokkaido, Hashimoto Eiji nous plonge dans le Japon du début du siècle dernier, illustrant une histoire écrite par Umemura Shinya nous décrivant cette période trouble qui a vu le Japon s’ouvrir au monde en signant la fin du Shogunat Tokugawa.

 

Adabana, les fleurs qui ne donneront plus de fruits

 

Ichikawa Makoto est une jeune journaliste qui en mars 1912 décide d’enquêter sur le Shinsen Gumi, un corps armé voué à la protection du shogunat. Composé de ronins et de têtes brulées en tout genre, ce groupe d’hommes vigoureux est considéré par les uns comme des assassins qui veulent empêcher l’heure de tourner, pour les autres, comme des héros ayant servi de base à la création de bon nombre de personnages de manga qui ont voué leur vie à leur sabre.

La jeune femme rencontre Nagakura Chinpachi, un vieux punk à la tête de ce qu’il reste du Shinsen Gumi qui était caporal du temps où Isami Kondo était le capitaine du Shinsen Gumi. Elle décide de l’interroger sur ce groupe de réfractaires au changement afin de tirer les choses au clair entre les mythes, les légendes et la réalité. Son reportage sert de trame au manga.

Isami_Kondo Capitaine du Shinsen Gumi
Isami Kondo, Capitaine historique du Shinsen Gumi

 

Hijikata Toshizou, l’indomptable

 

Hijikata Toshizou est un jeune colporteur de médicaments qui frappe les gens afin de mieux leur vendre ses médicaments, un bon à rien sans maitre , un ronin qui s’en prend aux maitres ainsi qu’aux disciples de tous les dojo qu’il croise afin de parfaire par lui même son Kenjutsu. Et comme l’art du sabre n’est pas l’art de la table, il estime ne pas avoir besoin d’être poli, il entre partout sans y avoir été invité et repart en vendant des remèdes. Fort de ce business model digne des yakuza les plus emblématiques, Hijikata pensait poursuivre sa petite promenade de santé dans ce petit dojo qui ne paye pas de mine, des enfants jouent à cache à cache dans la cour, un jeune vagabond semble assoupi au pied d’un arbre.

Hijikata_Toshizo la tête brulée
Hijikata Toshizo

Il remarque tout de même que l’un des disciples a réussi à esquiver son attaque surprise sans se décoiffer. Sans doute aurait ce dû lui mettre la puce à l’oreille.

Après s’être fait casser la gueule par Isami Kondo, le maitre du dojo Tennen Rishinryu, Hijikata deviendra son disciple car il a su lui placé un clean hit au visage. Et vu qu’Isami Kondo est une montagne, atteindre son visage n’est pas une chose aisée.

 

La République d’Ezo

 

Le style graphique de ce manga est parfait. Autant dans la beauté des décors qui savent saisir le temps qui passe et qui change d’époque que dans le character design absolument fabuleux de ces personnages ayant réellement existé.

Cependant, l’élégance des courbes que le mangaka semble dessiner avec une plume plantée dans une encre fluide ne saurait nous détourner du profond traumatisme que cette période dites du Bakumatsu (1853-1868) a laissé dans le Japon actuel. En effet, la profusion de manga (Peace Maker Kurogane, Kenshin Ruronin, Ichigeki, Bakumatsu Kikansetsu Irohanihoheto, Kimetsu no Yaiba..) dont l’action se déroule durant cette parenthèse transitoire, nous prouve que la plaie n’est pas prête de se refermer. On en parle encore jusqu’à aujourd’hui. Partout, on nous présente la beauté du sabre, la patience du forgeron qui travaille le fer nuit et jour, l’art de manier cette lame si finement travaillée qu’elle pourrait donner la mort sans que le mort ne s’en rende compte. Par opposition, l’étranger est celui qui viole la culture ancestrale en forçant le pays à lui ouvrir ses jambes, ses ports de commerce, son administration à travers la symbolique phallique de l’arrivée du commodore Matthew C. Perry et de son escadron de quatre vaisseaux dans la baie d’Edo en juillet 1853 plongea le bakufu (shogunat) dans la tourmente.

Le requiem du shogun est une triste histoire qui nous montre comment lorsque l’on confond ouverture et modernité, on divise durablement un peuple au point d’influencer la classe politique japonaise jusqu’à présent.

Il va sans dire que l’on vous recommande vivement ce manga dont l’histoire sera toujours d’actualité.

 

Mangaka : Hashimoto Eiji

Auteur : Umemura Shinya

Éditeur japonais : Tokuma Shoten

Magazine de prépublication japonais : Comic Zenon (Tokuma Shoten)/ Manga Hot (North Stars Pictures)

 

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shinsen_gumi#Shinsen_Gumi_en_fiction

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%27Ezo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bakumatsu

 

MC: Festival Angouleme, manga seinen

 

 

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