Kimetsu no Yaiba, l’échec artistique

 

kimetsu_no_yaiba_203_15
Allégorie d’un manga à l’article de la mort

On a fini par se résoudre à écrire l’article que l’on ne voulait pas écrire. Il ne sera pas très long car nous ne sommes pas maso et notre but n’est pas de faire souffrir les fans qui se retrouvent orphelins d’un manga qui était pourtant très prometteur. En effet, Kimetsu No Yaiba nous prouve que même lorsqu’une œuvre coche toutes les cases du manga à succès, il suffit d’en oublier une pour tout gâcher.

Lorsque très tôt dans l’histoire on voit la tête de Muzan et que l’on apprend qu’il est le père des démons, on sait que le manga ne durera pas, on le sait même si on ne veut pas l’admettre. Ce qui permet à un Shonen de durer, c’est le mystère qui plane autour de celui qui tire les ficelles, moins on en sait, mieux l’intrigue se porte, plus il est facile de lui greffer des sous intrigues qui apportent du relief et de la profondeur au fil conducteur de l’histoire. Pour être franc, lorsque Gotouge Koyoharu nous a dévoilé le visage de Muzan, je me suis dis que le/la mangaka avait d’autres cartes en réserve afin de maintenir l’intérêt du manga.

Pour moi, Muzan est le père de sa lignée de démon, il ne peut pas être le père de tous les démons à moins d’être le diable en personne, il ne peut pas être le père de tous les démons car tous les démons ne sont pas du même type, le glossaire des Yokai japonais fourmille d’une multitude de diableries de toutes sortes, il y en avait forcément une qui aurait pu se placer au dessus de Muzan afin d’apporter à ce manga une fin cohérente. Je ne suis pas fan des manga à rallonge qui se poursuivre malgré la direction artistique de l’auteur mais lorsqu’on sait à quel point c’est difficile de créer un manga qui trouve une place dans le cœur des lectrices et des lecteurs, l’arrêt brutal de cette œuvre unique nous donne l’impression de tomber de cheval en voyant notre monture s’éloigner pour vivre d’autres aventures.

Le système de sélection des manga publiés dans le Jump est si concurrentielle que cette fin précoce est un manque de respect pour tous les manga qui ont été arrêté faute de succès afin de laisser la place à Kimetsu no Yaiba/Demon Slayer ainsi que tous les manga qui n’ont pas été publié durant la période où Kimetsu no Yaiba est devenu un succès. Au Japon, le succès d’un manga peut permettre au mangaka de vivre toute sa vie confortablement.  Le seul mangaka qui à notre connaissance a su revenir avec un manga qui cartonne après avoir tué son précédent manga plébiscité par le public est Togashi Yoshihiro. Yu Yu Hakusho s’est terminé en queue de poisson mais le public a su lui pardonner en découvrant Hunter X Hunter, un manga qu’il réalise avec sa femme Takeuchi Naoko, la célèbre et vénérée mangaka de Sailor Moon qui a mis sa carrière de coté pour aider son mari maniaco-dépressif.

Gotouge Koyoharu a surement de bonnes raisons d’arrêter un manga qu’il/elle ne souhaitait pas voir s’inscrire dans la longue lignée des manga sans fin que l’auteur se doit de poursuivre en subissant la pression constante de son éditeur. Cependant personne ne lui en aurait voulu de passer d’un rythme de parution hebdomadaire à un rythme mensuel comme l’on fait les mangaka Araki Hirohiko et Ashihara Daisuke, auteurs respectifs de JoJo no kimyō na bōken et de World Trigger.

On lui souhaite le meilleur mais nous ne nous précipiterons pas sur son prochain manga, si prochain manga il y a.

Car pour nous, Kimetsu no Yaiba, c’est une poésie qui s’arrête au milieu d’une phrase.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.