Alisha Khalid, la jeunesse sous-vide*

Aujourd’hui, on ne prétendra pas vous expliquer ce que personne n’arrive à comprendre.

Pont de l’A15, Argenteuil, en contrebas de la rue des Saules – Le Parisien ©

Le meurtre prémédité d’Alisha Khalid est une atrocité qui vide les mots de leur substance.

On ne saurait écrire une phrase qui pourrait contenir toute la peine du monde, ni un texte qui saurait en prendre la mesure exacte. Les mots meurent et le silence les oublie.

Pourtant, celles et ceux qui ont connus Alisha ne l’oublieront pas. Certains essaieront de toutes leurs forces, ivres de douleur cannabiques ou autres. La plupart vivront avec comme tous ceux qui ont, un jour, perdu un camarade de classe sur le chemin de retour de l’école.
Contrairement à ce que l’assertion usuelle dit, les enfants ne sont pas innocents, les enfants ne sont pas des anges. Celui ou celle que vous pensez connaître est capable de choses que vous ne pourrez jamais admettre, « mon fils n’est pas comme ça, il a été entrainé », « ma fille n’est pas comme ça, elle a été influencée », sont les excuses habituelles de parents qui font connaissance avec leur enfant devant un juge. Les valeurs que vous pensez transmettre ne sont pas toujours celles que votre enfant reçoit.

Lieu où le corps d’Alisha Khalid a été retrouvé

Lorsqu’un enfant est violent, on dit que c’est la société qui est coupable. 

C’est sans doute facile de charger la barque de la société, ce fourre tout conceptuel, cette structure métaphysique à laquelle nous sommes tous censés appartenir. La jeunesse est la période d’apprentissage de la vie en société, c’est un moment charnière, un espace-temps périlleux en temps normal qui l’est encore plus au temps du covid19.

On ne se rend pas compte de l’impact de cette crise sanitaire sur la jeunesse. Cette jeunesse qui retourne sa souffrance contre elle, ces jeunes qui se tabassent mutuellement pour des raisons qui semblent futiles à celles à ceux qui font semblant de ne pas comprendre. Comment affronter l’angoisse d’arriver dans un monde adulte en ruine ?

J’entends des « de mon temps, c’était différent » mais qui a suffisamment fait le tour de son époque pour pouvoir la résumer ?

Puis on nous parle du problème du cyberharcèlement, de Snapchat, des images censées disparaitre sans s’interroger sur la nature humaine qui finit toujours par retourner contre l’homme l’outil qui était censé le rapprocher des autres.

Lorsque, le jour de l’annonce de la mort d’Alisha Khalid, nous avons vu dans les statistiques du site un nombre conséquent de vues qui nous venaient du Pakistan, on s’est dit que, quelque part sur cette planète, des gens avaient besoin de nous, on s’est dit qu’après nos articles sur Cyntoia Brown, sur Mahohon, Goo Hara, ces gens savaient que nous seront présents pour eux. 
Alors, oui, nos phrases, nos mots sont sans doute pleins de bons sentiments, des phrases bateaux pleines de mots-valises, pleins de pathos, pleins de tout ce qui fait transpirer les vampires avides de sang frais et de soirées Adrenochrome. 

Car il est de bon ton, lorsqu’on est un artiste, d’être libre, c’est à dire, de justifier toutes les ignominies par l’importance de la recherche artistique.  

Dans ces circonstances où on ne peut même plus se prendre dans les bras mutuellement, entre ces religions qui enferment l’homme et ces libertés qui le rendent esclave de ses passions, quelle place pour la jeunesse qui cherche à se frayer un chemin ?

Alisha Khalid

Nous nous associons à la démarche d’Eva Longoria de Yanis Marshall et nous vous invitons à participer à la cagnotte lancée pour aider la famille d’Alisha Khalid.

*Pour les préserver, on leur retire l’oxygène.

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