81 Diver, le manga qui se boit cul-sec

Aujourd’hui, on vous présente un manga dont on a jamais su vous parler. On lisait ce manga avant de créer votre magazine préféré ! Portée par un style graphique organique, des lignes fauves qui épousent à merveille les émotions des personnages, « Hachiwan Diver (81 Diver) » de Shibata Yokosaru (« Air Master ») est la représentation visuelle d’une énigme.
Sans doute l’une des œuvres les plus déroutantes et passionnantes qu’on ait eu l’occasion de découvrir.

Couverture du premier volume en VO d’Hachiwan Diver (81 Diver) de Shibata Yokosaru

Le démon du jeu

81 Diver est un manga que l’on a perdu de vue comme une femme que l’on rencontre par hasard, elle nous fascine mais un jour nous la fuyons car meuf tu es beaucoup trop space pour moi, meuf tu es bizarre, tu me regardes d’un air fixe et inhabité, ton regard est une mer sombre et inhabituelle, je ne sais pas nagé, je veux juste poser ma tête sur ta poitrine, tes cuisses et tes petites épaules.
On ne demande pas grand chose et si possible boire quelque chose de frais.
Cependant, on sait qu’on aura autre chose car on n’a jamais ce qu’on veut. On voulait s’assoir mais il va falloir courir, on ne voulait pas te voir puis on tombe amoureux.

81 Diver c’est une lecture nerveuse et envoutante que l’on a cherché à fuir car ce manga aspire votre conscience et vous laisse exsangue à la fin de chaque chapitre.

En lisant ce manga, on replonge dans la nostalgie de nos premiers Shonen Jump, nous revient l’impression illusoire de parcourir le Japon en tournant les pages d’un Bessatsu Shonen Champion, pages d’idoles sexy à l’appui, jeux-concours et classements mensuels mesurant la popularité des séries en cours. Puis, on tournait les pages, subjugué par les différents styles de dessin des mangaka, les différents types d’histoires qui semblaient exotiques par rapport à nos Shonen habituels. Pourtant, au milieu de toutes ces sucreries pour fans de manga affamés, on trouvait toujours deux, trois pépites acidulés, deux, trois mangas singuliers qui poussaient l’intrigue jusqu’à l’obsession nous laissant en bouche l’amertume de ne pas comprendre le japonais.

Sugata Kentarou, le joueur tourmenté

Dans ce manga de 35 volumes édités par la Shueisha, on fait connaissance avec un joueur à la dérive qui se noie dans les 81 cases du jeu de Shogi. De niveau semi-professionnel car recalé par la ligue qui détecte les futurs joueurs de Shogi professionnels (Shoureikai), Sugata Kentarou écume sa peine en martyrisant des joueurs amateurs dans des jeux clandestins de seconde zone. Se gardant bien de révéler sa main, Sugata gagne sa vie en battant des joueurs de plus en plus au fait de son niveau de jeu supérieur. Si bien qu’il finit par être boycotté par les clubs dans lesquels ils avaient pris de tuer le suspens. Alors qu’il allait rebroussé chemin d’un pas lourd et désabusé, un client du jeu clandestin l’interpelle pour lui faire comprendre qu’il lisait clairement dans son jeu. Comme tous les personnages en état d’ébriété dans les mangas, cet homme ivre va lui apprendre quelque chose.
Car il se pourrait bien que la lumière au bout du tunnel que traverse Sugata se trouve à Akihabara.

Échange d’amabilité dans un tripot clandestin

Shinkenshi, les joueurs de l’ombre

En arrivant dans ce Shinkenshi emprunt de la suffisance de ceux qui sont forts avec les faibles mais faibles contre les forts, Sugata s’acquitte des droits d’entrée relativement élevés pour pouvoir jouer contre cet adversaire dont lui a parlé l’homme ivre cité plus haut.
Derrière la porte d’un petit local l’attend l’Ukeshi d’Akiba-san, la légende du Shogi de l’ombre qui se trouve être une jeune femme qui illuminera sa vie.

Car, blasé jusqu’à sa rencontre avec l’Ukeshi d’akiba-san qui le battra à plates coutures dans ce tripot clandestin tenu par un club de Shogi Amateur, Sugata se remet enfin en cause en décidant de ranger le bordel effroyable de son appartement. Cette défaite cinglante a eu le don de le remonter à bloc, il espère que ce grand rangement lui permettra de mieux organiser ses idées dans sa tête, d’étudier de nouvelles stratégies de Shogi qui lui permettront de prendre sa revanche face à un adversaire qui a détruit toutes ses certitudes.

Cependant, face à l’ampleur de la tache, notre jeune homme se dit qu’il en aura pour des mois à déblayer toute la paperasse qui règne dans son salon. Il fait donc appel à un service de nettoyage fétichiste qui lui envoie une femme de ménage dans une tenue de soubrette sexy. Un soubrette sexy qui se révèle être l’Ukeshi d’Akiba-san !

l’Ukeshi d’Akiba-san

L’avis de quelqu’un qui n’avait pas donné son avis depuis longtemps :

On aime le Japon qui ne ressemble pas au Japon des cartes postales, ce Japon fantasmé qui ne ressemble qu’aux stéréotypes que les gens ont du Japon. On aime le Japon des sous-sols où flottent dans l’air des volutes de cigarettes bas de gamme, ce Japon mal coiffé, ce Japon ivre et franc. Ce joueur qui vous conseille d’aller voir ailleurs pour trouver ce que vous cherchez.

On aime cet adversaire qui le sort de sa zone de confort, cette femme qui le pousse dans ses retranchements, cette femme qu’il prend d’abord de haut avant de redescendre en flèche, cette femme qu’il considère comme un maitre au même titre que le maitre du dojo d’un art martial.


Ne vous laissez pas impressionner par la complexité du Shogi, au contraire, profitez de la science pédagogique de ce manga finement ciselé pour plonger dans ces 81 cases qui donnent une autre dimension au réel.

Mangaka : Shibata Yokusaru

Magazine de prépublication : Shuukan Young Jump

Éditeur japonais : Shueisha

Extraits du premier volume du manga 81 Diver :

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