Halloween 2021 : Isekai Shikkaku / Isekai Disqualification

isekai shikkaku manga cover 2

Aujourd’hui, on vous présente un manga qui essaye de rendre la mort drôle.

Dazai-sensei dessiné par un autre sensei


Honnêtement, c’est pas gagné. La liste des humoristes ayant essayé de rendre la mort drôle est longue comme un jour sans fin. Dernièrement, c’est Guy Bedos qui s’y est essayé et comme vous avez pu le constater lors de son décès, ça n’a pas marché. A croire qu’il a choisi ses obsèques pour faire son plus gros bide, c’était pas drôle, personne n’avait envie de rigoler.

Son propre fils Nicolas, adepte pourtant de l’humour noir des mines de charbon où les enfants apprennent le métier, s’est bien gardé de jouer les gens drôles lorsqu’il a fallu dire au revoir à son père pour la dernière fois. Il n’en menait pas large, comme nous jusqu’à présent. Toutefois, on remercie Guy Bedos d’avoir tenté cette expérience le plus tard possible car ça lui a permis de vivre longtemps. Parce que, c’est bien beau de faire les malins à jouer les monte en l’air mais on préfère les gens qui meurent à la fin de leur vie même si au fond on ne peut pas reprocher aux autres d’être morts avant.

L’écrivain suicidaire

Dans la littérature, la posture de l’écrivain suicidaire est aussi classique qu’une formation en 4-3-3 dans le football. On ne s’attend pas à autre chose de la part de ces natures meurtries, ça manque d’originalité, ils veulent tous mourir car la vie les étouffe, leurs émotions les empêchent de respirer. Le personnage principal d’Isekai Shikkaku entre parfaitement dans ce costume de génie littéraire qui voit la vie en 50 nuances de gris.
En effet, Dazai Osamu, l’illustre héros de cette histoire imaginée par Noda Hiroshi et dessinée par Wakamatsu Takahiro, est si désespéré qu’il ne daigne même pas dire son nom aux gens qui lui demandent comment il s’appelle, du jamais vu de mémoire de vétéran du manga.

Dazai Osamu – « Isekai Shikkaku »


On sait qu’un soir de juin 1948, le 13 juin pour être précis, lui et Ota Shizuko, sa plus fidèle disciple, ont tenté de mettre fin à leurs jours dans un double suicide afin de donner deux fois plus de travail à ceux qui devront nettoyer tout ça. Cependant, au lieu de mourir, Dazai-sensei a été projeté dans un monde où les dragons volent dans le ciel pendant qu’un arbre boit votre âme. Accueilli par une magnifique elfe qui se nomme Annette, cette dernière a bien du mal à lui expliquer qu’il est le héros qu’elle attend depuis des lustres afin de sauver Zauberberg, le monde parallèle qui vient de l’accueillir à bras ouverts. Malheureusement pour elle, Dazai-sensei semble être la parfaite erreur de casting pour sauver un monde qui sombre peu à peu dans les ténèbres alors qu’il est lui-même quelqu’un de très saturnien.

Annette et Tama – « Isekai Shikkaku »

On a beaucoup aimé ce manga à l’humour surréaliste et au style graphique soigné. On sent que la plume de l’auteur est particulièrement inspirée, autant que celle du mangaka qui a su illustré à merveille ce qui était à la base un Light Novel. On ne sait pas si un jour un éditeur français s’occupera du cas d’Isekai Shikkaku qui aurait pu être la star de ce Halloween 2021 mais si l’un d’entre eux veut bien prendre ce risque, on lui dédiera cet article écrit pour les gens qui veulent voir la mort autrement.

Mangaka : Wakamatsu Takahiro

Auteur : Noda Hiroshi

Magazine de prépublication : Yawaraka Spirits

Éditeur japonais : Shogakukan

Extraits du manga :

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