/Chronique// La Pomme Prisonnière/ Forget Me Not de Kenji Tsuruta

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A l’occasion de la sortie du manga Seinen « La Pomme Prisonnière » de Kenji Tsuruta en mai 2022, on a décidé de vous en parler et de profiter de cet évènement pour remonter le cours de cette histoire en vous présentant Forget Me Not, le manga duquel il découle.


« La Pomme Prisonnière« , Tsurata Kenji – Éditions Noeve

Venise Beach

Petite-fille de Pietro Bennucci, la légende qui a donné vie à une lignée de détectives vénitiens, Mariel Imari doit faire ses preuves et se hisser au rang de Top Detective pour pouvoir hériter de l’agence de détective de son père.
À priori, ça n’aurait dû qu’être une formalité pour cette ex-pensionnaire de Scotland Yard mais encore faudrait il s’en donner les moyens car Mariel préfère lézarder en slip, manger, boire du café, se balader pour trouver des indices par hasard, tout en demandant à intervalles régulières à son majordome Cornelius d’installer, à ses frais, l’air conditionné dans son bureau.

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Mariel Imari

Pourtant, la jeune femme dispose d’un talent certain pour les subterfuges et les déguisements qui lui permet de s’infiltrer dans les fissures de la ville de Venise.

Et puis, un jour, elle reçoit une lettre anonyme signée d’un certain Vecchio, un monte-en-l’air légendaire qui ne peut s’empêcher de revenir à Venise pour commettre deux, trois larcins et on se dit qu’il faut arrêter les conneries maintenant car n’est pas Détective Conan qui veut.

Le Chat Policier

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Le Chat Policier

Souvent, on se bat pour que les artistes soient libres mais lorsqu’ils le sont, ils font n’importe quoi. À croire que la contrainte soit le cadre idéale qui permet à l’œuvre de rester cohérente. À priori, un Seinen offre plus de libertés qu’un Shonen qui nous gratifie d’un chapitre par semaine et qui édulcore la violence et la nudité. Quand on lit Forget Me Not ou La Pomme Prisonnière, on a l’impression que Kenji Tsuruta n’a jamais lu de romans policier et ce, même les plus accessibles, un petit Agatha Christie par ci par là, regarder un Hitchcock ou un épisode de Colombo aurait été utile. Les adapter en manga aurait été instructif pour quelqu’un qui cherche à jouer avec les codes du genre. Peut-être même relire Monster de Naoki Urasawa qui a lui-même reconnu s’être inspiré du film « Le Fugitif » pour construire la trame de son œuvre emblématique.
Au lieu de cela, Tsurata nous dessine des planches sublimes qui racontent une histoire qui n’avance pas.

« Forget Me Not », Tsuruta Kenji


On comprend sa passion pour les femmes en slip que l’on retrouvent dans l’ensemble de son œuvre, notamment Les Reveries d’Emanon où il illustre une histoire de Kajio Shinji. Il les dessine très bien ou plutôt il la dessine très bien car Kenji Tsuruta semble ne tirer son inspiration que d’une seule et unique muse. On a rarement vu un mangaka qui quelque soit le manga vous dessinera toujours la même jeune femme au cœur de l’histoire.


Forget Me Not et La Pomme Mystérieuse vous plongent dans un récit contemplatif ponctué de peu de dialogues, un peu comme si c’était au lecteur de dialoguer avec l’œuvre pour la comprendre. Et il va falloir s’accrocher pour comprendre car, pour notre part, on n’a rien compris. C’est pas comme si l’histoire n’avait pas de fil conducteur vu que le fil conducteur est Mariel Imari, on a juste la sensation que l’auteur ne sait pas la raconter. Les chapitres se succèdent les uns après les autres mais l’histoire est si confuse qu’on a l’impression qu’ils ont été publiés dans le désordre.

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La virtuosité graphique de Tsuruta Kenji

C’est extrêmement regrettable tant l’œuvre fait montre d’une maitrise graphique rarement atteinte, des contrastes saisissant qui permettent aux reflets de la lumière de dessiner l’eau, de larges perspectives décrivent des rues étroites d’une ville semi immergée. Tout est cousu main, tous les décors sont entièrement dessinés par un mangaka surdoué qui devrait se contenter de dessiner les histoires des auteurs de talent.

En général, dans un roman ou manga policier, la victime est à l’intérieur du récit. Avec Forget Me Not et La Pomme Prisonnière, la victime est la lectrice qui est morte d’ennui en lisant ces mangas. À acheter uniquement pour apprendre à dessiner.

Références :

Mangaka : Tsuruta Kenji

Éditeur français : Éditions Noeve

Éditeur japonais : Hakusencha

Extraits des mangas :

« Forget Me Not » :

« La Pomme Prisonnière » :

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